Cun. theol, p
dessus du pain qu'on recouvre d'un autre linge long et étroit; c'est, dit-on, « en mémoire de la manne qui tombait dans le désert, ayant de la rosée dessus et dessous ».
Non seulement chez les Israélites le repos sabbatique revenait pour l'homme au septième jour, mais on voulait, avonsnous dit, que la terre elle-même participât, en quelque sorte, au souvenir du repos de Celui qui l'avait tirée du néant, et par suite , tous les sept ans le sol devait se reposer.
Au bout de sept semaines d'années, c'est-à-dire après quaranteneuf ans écoulés1, on célébrait le Jubilé, et durant la cinquantième année on laissait la terre en friche2. Alors les biens aliénés pendant le demi-siècle précédent faisaient retour à leurs anciens maîtres, comme nous l'expliquerons plus complètement au chapitre de la Propriété.
L'usage de la célébration du dimanche, substitué par l'Église au sabbat des Juifs pour glorifier le jour de la Résurrection, fut sanctionné par les empereurs chrétiens. Un des premiers soins de Constantin fut d'interdire aux tribunaux de rendre la justice ce jour-là, et les rudes labeurs furent défendus aux artisans , mais pas aux agriculteurs3, le travail des champs semblant alors une nécessité. En décrétant le chômage dominical, Constantin s'adressait particulièrement aux païens, car les chrétiens, eux, avaient déjà pour règle la prescription religieuse que l'empereur voulait confirmer officiellement par une loi civile.
Théodose maintint les mêmes prohibitions, tout en autorisant l'affranchissement des esclaves le dimanche, comme mesure louable, et agréable à Dieu4.
Dans une intéressante loi de Léon Ier, empereur d'Orient, en l'an 460, on lit ceci : « Que dans le jour du Seigneur, éternellement digne d'honneur et de respect, on ne fasse aucun acte de procédure; que le débiteur ne reçoive pas de sommation, et que l'on n'entende pas de plaidoirie; que la rude voix de l'appariteur se taise; que les plaideurs interrompent leurs disputes