‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 45 sur 323 · Archevêque de Mayence qui sacra Pépin le Jîref · texte numérisé non relu

Archevêque de Mayence qui sacra Pépin le Jîref

2. I>u 22 mars 789. (( Diem dominicum colite, opui fervile non faciatis... » (Capituloires, lib. VI. ;

payer 55 livres. Enfin si un Juif travaille le dimanche, il perdra l'outil dont il se sera servi1. »

A la fin de Tannée 1559, les États généraux d'Orléans adressèrent au roi « leurs plaintes et remontrances au sujet du Dimanche » ; et Charles IX publia, en 1560, l'Ordonnance dite d'Orléans, dont les articles 23, 2k et 25 contiennent Ténumération de ce qui ne peut être autorisé le jour saint.

La loi s'adressait d'abord aux juges : elle leur recommandait de ne point tolérer « qu'aux jours des dimanches et fêtes aucunes foires ny marchez soient tenus, ny danses publiques faictes ». Le roi défend ensuite « à tous joueurs de farces, basteleurs et autres semblables, jouer es dits jours de dimanches et festes aux heures de service divin, ny se vêtir d'habits ecclésiastiques, ny jouer choses dissolues et de mauvais exemple, à peine de punition corporelle ». Nombre de sanctions plus ou moins sévères, pour obtenir le repos dominical furent successivement décrétées jusqu'à la loi de 1814, récemment abrogée, on le sait.

Parmi les anciens Règlements, il en est un qui mérite bien d'être reproduit ici : le Ban des barbiers de Douai ne permettait pas que Von se fît raser le dimanche. Voici la formule textuelle de cette interdiction : « Que nuls barbieurs ou barbieresses ne rasent le dimanche, si ce n'est nouveau prestre ou nouvelle couronne, ou enfant nouveau-né ou personne, par nécessité commandant de le faire ; — Qu'ils ne soient si hardis barbyers ou barbieresses de jeter dans l'eau ou rivière de cette ville le sang des saignées par eux faites, mais le portent dans les champs avec les chaviaulx (cheveux) et rasures qu'ils auront, le plus loin de la ville qu'il sera possible, et qu'ils les enfouissent ou fassent enfouir, à peine de dix livres d'amende et de bannissement de la ville2. »

Gomme toute prescription religieuse, la loi du dimanche devait susciter des réfractaires, c'est-à-dire des hérétiques. Ainsi Aérius3,

2. Archives de la ville de Douai. Cartulaire, f° 18, armoire 17. — M. Desmaze, Curios. des anc. Just.

3. Aérius, né dans le Pont, fonda une nouvelle secte après a\oir suivi d'abord les erreurs d'Arius.

BABBAT, DIMANCHE, FÊTES r.ALLADOIRES. 107

hérésiarque du iv siècle, émit cette thèse étrange à savoir que

Le dimanche, au lieu de se réjouir et de se reposer, on devait faire pénitence et « qu'il était au contraire superstitieux de jeûner en carême, surtout Les mercredis el vendredis ». Il ne trouva que peu de sectateurs en Arménie.

Il y eut aussi les Sabbataires1, juifs convertis ou soi-disant tels, qui entendaient conserver la célébration du sabbat selon les antiques observances de la loi judaïque. Ils soutenaient que le sabbat n'avait été aboli par aucune loi dans le Nouveau Testament, et qu'en conséquence le dimanche ne devait être célébré par aucune manifestation quelconque.

Par suite d'une confusion souvent commise, on invoque contre la loi du dimanche une virulente diatribe de Voltaire.

Assurément celui qui avait dit : « Il faut au peuple un aiguillon et du foin2 » ne se préoccupait pas outre mesure de ceux-là que son aristocratie dédaigneuse qualifiait du nom de « canailles ». Cependant ce qui a provoqué le blâme du philosophe, ce n'est pas tant le repos dominical que la quantité des jours fériés tombant au cours de la semaine, et qui, de son temps montaient à 82, non compris les dimanches. « Ce sont sans doute les cabaretiers, écrit Voltaire3, qui ont inventé ce prodigieux nombre de fêtes : la religion des paysans consiste à s'enivrer le jour d'un saint qu'ils ne connaissent que par ce culte. C'est dans ces jours d'oisiveté et de débauche que se commettent tous les crimes. Ce sont les fêtes qui remplissent les prisons, qui font vivre les archers, les greffiers, les lieutenantscriminels et les bourreaux. C'est le travail qui est nécessaire! il y a plus, c'est lui qui sanctifie! »

La critique est moins judicieuse qu'elle ne le paraît de prime abord; du moins elle doit être restreinte pour être juste. Voltaire n'a pas pris garde, en effet, qu'en multipliant les dates pieuses, l'Église avait obéi à une pensée de charité envers les serfs; elle se

Page 1