L'homme préhist., par M. Fliche
l'Oural, des frontières de la Russie à l'océan Pacifique, des steppes de la Sibérie aux plaines de l'Hindoustan, ces monuments se dressent devant nous, avec les mêmes dispositions de construction; et à quelque point de vue que Ton se place, il est difficile de méconnaître l'importance de ce fait » l.
Non seulement nous retrouvons les mégalithes en Europe, en Algérie, dans les deux Amériques, au Maroc, dans l'Inde, à Ceylan, au Japon et en Australie; mais dans toutes ces contrées, ils affectent les mêmes formes : dolmens ou allées couvertes, menhirs ou cromlechs conservent, à des centaines et des milliers de lieues, exactement leur physionomie typique, et suivant le mot très juste de M. de Mortillet, tous ont un air de famille. Tels détails de leur disposition, qui pourraient paraître résulter du caprice de quelque peuplade, sont communs cependant aux pierres tombales des régions les plus opposées.
On a supposé que ces monuments avaient été édifiés par les barbares du Nord, « peuplades aux cheveux blonds et aux grands yeux bleus », qui seraient descendus vers le Midi à une date ignorée. Mais il faudrait supposer une invasion de toute la terre par ces inconnus, puisque les mégalithes se rencontrent dans les cinq parties du monde.
Au point de vue de Yimité de l'espèce humaine 2 il y a là un argument à signaler ; en tout cas au regard de notre étude spéciale, les faits précités, c'est-à-dire le nombre prodigieux de ces pierres, fournit une démonstration matérielle et scientifique du culte des aïeux aux époques les plus reculées.
Nous sommes donc en droit d'invoquer, pour ainsi dire, le témoignage de l'humanité entière, comme manifestation solennelle et constante du sentiment filial à travers les âges.
Disons quelques mots de la trépanation des crânes, qui rentre probablement, comme on va en juger, dans la catégorie des rites funéraires préhistoriques.
C'est en 1873 que, pour la première fois, fut signalée au monde savant, par le Dr Prunières, la curieuse pratique de