Théorie monogéniste
[a trépanation : sous les dolmens de La Lozère il avait découvert des tètes humaines dans lesquelles une rondelle osseuse, du diamètre d'une pièce de cinq francs, avait été découpée dans le pariétal, [mis ensuite retirée du crâne. L'attention une fois éveillée, des trouvailles analogues furent signalées dans les pays les plus divers, et la trépanation apparut comme ayant du être un usage très répandu. Les Aïnos, prédécesseurs des Japonais, y recouraient, parait-il, aussi bien que les premiers habitants de l'Algérie; et au Pérou comme aux États-Unis, elle était connue des peuples primitifs.
Des conditions diverses dans lesquelles les corps furent trouvés, il résulte que la découpure des rondelles était faite sur le cràue des individus, tantôt après leur mort, tantôt même pendant leur vie.
Que signifiait pareille coutume?
En chirurgie la trépanation, on le sait, est employée actuellement quand un corps étranger dépassant l'os au dedans, menacerait de pénétrer dans la substance cérébrale et de la désorganiser; mais les anciens recouraient à la trépanation préventive en cas de contusion à la tête, pour conjurer les symptômes inflammatoires : « A Rome elle était usitée surtout en cas d'cpilepsie, réputée « maladie divine ». L'opération avait un caractère religieux, et ceux qui l'avaient subie avec succès passaient pour des êtres supérieurs, aimés des dieux. Aussi les rondelles crâniennes enlevées par la tarière servaient-elles de sortes d'amulettes » l.
Ces faits ont donné à croire que la trépanation sur les morts, était peut-être un moyen pour les parents de conserver quelques reliques des défunts, ces rondelles pouvant, à raison de leur petit volume et de leur forme, entrer clans la composition des colliers, si habituels aux non-civilisés.
Partant de points de vue différents, d'autres savants 2 ont vu dans cette ablation un rite religieux encore mal défini, mais certain : notamment pour le Dr Prunières, la trépanation posthume témoigne de la croyance universelle à la survivance de l'âme.