Constructions souterraines
HISTOIKF. DSS CROYANCES. — II. f)
vant être très long, indéfini même : « Voilà pourquoi, ajoute-t-il, ils qualifiaient à' hôtelleries les habitations des vivants puisque nous n'y séjournons que peu de jours; tandis qu'ils appelaient les tombeaux des habitations éternelles , parce que les morts demeurent dans l'Amenthès un temps illimité. Aussi ne soignaientils guère la construction de leurs maisons, tandis qu'ils édifiaient au contraire leurs tombes avec un soin extraordinaire1.
Nombre de petites pyramides de l'Egypte et de la Nubie ont, à n'en pas douter, servi de sépulcres; les sarcophages qu'elles contiennent et que la dévastation arabe a respectés le prouvent surabondamment.
A côté des monuments vastes et très coûteux que les princes seuls pouvaient s'accorder, « comme preuve vaine et insensée de leur puissance et de leur richesse, » selon la remarque de Pline, il existait aussi des pyramides portatives hautes seulement de 1 à 2 pieds, décorées de peintures funéraires ou d'inscriptions : elles étaient destinées aux défunts moins riches.
Quoique réduit et économique, l'emblème était néanmoins un témoignage pieux de la famille, trop pauvre pour offrir au mort un édifice digne de sa mémoire. La pensée équivalait à celleci : « Cher défunt ! notre indigence ne nous permet pas de glorifier ton nom comme le voudraient tes mérites; sache toutefois qu'il serait doux à notre tendresse de t'élever un riche mausolée comme celui dont l'humble modèle est déposé près de toi. »
Les familles qui jouissaient d'une fortune suffisante, tenaient à assurer le repos de leurs morts en les mettant dans des abris indestructibles, creusés dans des blocs de granit. Après avoir enfermé le corps dans une caisse de bois plus ou moins précieux, on le déposait dans une loge de pierre , et le pesant couvercle était alors encastré si solidement dans la partie inférieure, qu'on ne pouvait plus guère ouvrir le tombeau sans le briser. Tantôt les cercueils étaient quadrangulaires, tantôt ils rappelaient la forme humaine. On rencontre fréquemment aux pieds des momies l'image d'Isis, et vers la tête celle de Nout, la déesse du ciel. Sur le couvercle du cercueil étaient peintes ou gravées, outre