Diodore, I
LE CULTE DES ANCÊTRES DErUIS L'AGE PRÉHISTORIQUE. 181
diverses mentions, des prières à Osiris : « afin qu'il admette L'âme à La purification — afin que le mort voie comme voient les âmes pieuses — afin qu'il entende comme elles entendent, et qu'il soit assis comme elles sont assises », tous sentiments du spiritualisme le plus pur. On enfermait dans le cercueil les objets ou ustensiles dont l'Égyptien s'était servi de préférence durant sa vie, et aussi la liste ou relevé de ses biens. On n'avait garde d'oublier un rouleau de papyrus qui renfermait : le rite des funérailles, c'est-à-dire la copie des prières que le mort devait adresser aux enfers; la confession des péchés et la justification du mort; enfin le mémento de la destinée dans l'Ameirtliès, « séjour des âmes qui au sortir de la vie terrestre allaient habiter les régions réservées aux bons, ou celles destinées aux méchants comme châtiment. Après s'être présentées successivement à diverses divinités, elles arrivaient devant Osiris, juge suprême, qui, assis sur son trône, jetait dans une balance lee actions du défunt, et prononçait sa Sentence, assisté des jurés, ds la déesse Justice-et- Vérité et du dieu Thôth, son scribe divin1. » Lors des funérailles, un cortège solennel se rendait à la chambre sépulcrale que le mort s'était souvent fait creuser de son vivant, qu'il avait décorée de sculptures ou de peintures propres à donner une idée de son origine, de ses richesses et des principaux événements de sa vie : c'était son histoire qu'il transmettait à la postérité par des symboles, sortes d' « armes parlantes ». Des employés du temple ouvraient la marche avec les instruments du sacrifice, menant le jeune taureau destiné à l'immolation. Venaient ensuite, portées par des amis ou des serviteurs, les insignes de la charge si le défunt avait été prêtre ou fonctionnaire, ou encore son char de bataille, s'il avait été revêtu d'un commandement militaire. Suivaient les pleureuses louées, selon la coutume de l'Orient, pour faire entendre leurs lamentations mercenaires; puis des porteurs de palmes, les serviteurs, et les prêtres; enfin apparaissait le sarcophage au milieu d'une barque placée sur un traîneau et tirée par des bœufs, car à l'imitation du dieu soleil, l'àme devait faire sur une barque le voyage des