‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 63 sur 323 · Champollion · texte numérisé non relu

Champollion

enfers *. Le cortège était fermé par la famille en deuil et par les amis. Un taureau étant immolé et l'encens brûlé en l'honneur des dieux, on offrait des libations au mort lui-même, qui était devenu dès lors un Esprit et un compagnon d'Osiris. On le louait, non point d'être issu d'une noble race, mais d'avoir été instruit comme il convient, de s'être montré pieux envers les dieux, juste et modéré envers ses semblables. Puis la foule mêlait sa voix à celle des parents et célébrait le défunt qui allait entrer « avec les âmes pieuses en possession de la vie 2 » . Après avoir encore déposé auprès du cercueil des récipients remplis d'eau, et quelques gâteaux sacrés , on fermait la chambre funéraire 3. Le mort était entré dans sa demeure dernière...

Les scènes reproduites sur les monuments et sur les sarcophages nous initient à la vie intime des Égyptiens : ils jouaient aux échecs, avaient leurs combats de taureaux et des séances d'escamotage, des nains et des singes dressés; les femmes prenaient surtout plaisir à la musique, à la danse et au jeu de balle. Des industries, des métiers et des instruments de tout genre leur étaient connus : sur un tombeau, remontant à quatorze siècles, dit-on, avant l'ère chrétienne 4, on voit, par exemple, un Égyptien qui se sert d'un siphon pour vider un grand vase difficile à déplacer.

Grâce aussi aux papyrus, aux écritures hiératiques consistant d'ordinaire en Rituels funéraires, on a reconstitué en grande partie les mœurs égyptiennes. Tout le monde peut voir le magnifique exemplaire qui se trouve au musée du Louvre. Ce manuscrit de luxe, aux riches vignettes à consulter à partir du bas et par la gauche, représente d'abord le défunt comparaissant devant Osiris peint en vert, et couronné du diadème blanc; dans la seconde vignette, l'âme vogue derrière Anubis dans la barque du soleil; plus loin est figurée la confession de l'âme devant les quarante-deux juges aux yeux desquels elle cherche à se justifier. Ce rituel ne portant aucun nom, on en a conclu que c'était

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