M. de Rougé
2. Le roi Mycéris fit ensevelir sa fille « dans l'intérieur d'une vache de bois doré )>
on mettait de minuscules figurines religieuses; on se gardait bien enfin d'oublier un exemplaire du Livre des Morts, guide de l'âme pour éviter les épreuves du grand voyage et répondre convenablement aux juges, dans la Salle de Vérité, le prétoire divin.
De son côté, Champollion a donné dans les termes suivants les détails de la minutieuse opération appelée momification : « La tête était remplie jusqu'à moitié du baume le plus choisi; quelquefois on extrayait les yeux pour les remplacer par des yeux factices, et on dorait la figure entière. Le corps était entouré de coton mêlé au baume; on enveloppait ensuite de bandelettes fines les doigts des pieds et des mains, dont parfois on dorait aussi les ongles ; ou encore on enfermait chaque doigt dans des étuis d'or.
« Au moyen de longues bandes d'étoffe, on tâchait de rendre au cadavre ses formes naturelles et proportionnées. La tête était l'objet de soins particuliers : j'ai trouvé, sur le visage d'une momie, plusieurs doubles de mousseline très fine, et au-dessus une couche de plâtre qui, moulant la figure, était elle-même recouverte d'une feuille d'or; de fin plâtre coulé à l'intérieur de ce masque donnait l'image exacte du mort et jusqu'au relief des sourcils. Au cou se trouvait un collier formé de grains et de cylindres en verroterie de différentes couleurs, entremêlés de figures de divinités en terre émaillée. »
Porphyre raconte qu'avant d'embaumer le corps, on enfermait les entrailles dans un vase fait exprès, et au moment de les jeter dans le Nil, on prononçait la prière suivante : « 0 roi Hélios, et vous, dieux qui donnez la vie! prenez-moi et recevez-moi dans la compagnie des dieux éternels! — D'un bout à l'autre de ma vie, j'ai honoré les dieux vers qui mes parents m'ont conduit. — Je n'ai jamais cessé d'honorer mon père; je n'ai tué aucun homme; je n'ai jamais violé un dépôt; je n'ai commis aucune autre mauvaise action. — Si j'ai péché dans ma vie pour avoir mangé ou bu ce qui était défendu, la faute n'en est point à moi, mais à ce qui est là dedans (les entrailles)1. » A ces mots, on précipitait le