Sub sepulcro consecrati
qui tenait peut-être plus de place que celui réservé aux Dieux de l'Olympe,
La foi en la survivance de l'âme était à Rome chose constante, et les preuves <le tout genre abondent à cet égard. Ainsi, à la fin de la cérémonie mortuaire, enfants et parents répétaient-ils par trois l'ois ce souhait significatif : Porte-toi bien!
Si l'on passait devant un tombeau on redisait les formules traditionnelles : « Que la terre te soit légère.,. Que tes os reposent en paix! » ou encore ces mots : « Adieu! âme pare ' ! »
On peut citer un ou deux extraits, entre mille, confirmant positivement la croyance des Romains à l'immortalité de l'âme, notamment cette phrase de Cicéron : « Permancre animos arhltramur consensu nationum omnium. » Puis cet autre extrait plus précis encore, et dont nous nous contentons de donner ici la traduction : « Pour moi, disait Cicéron, je crois avec nos aïeux l'âme impérissable; et certes nos pères n'eussent point entouré leurs morts de tant de pieux devoirs, s'ils avaient pensé que cela fût sans intérêt pour les défunts. »
N'est-il pas curieux de voir un auteur païen parler ainsi de l'efficacité de la prière pour les morts?
Le culte privé ne pouvait être rendu que par la famille même et pour ses ancêtres propres : admettre un étranger eût été une sorte de profanation. On ne pouvait croire que le mort acceptât une offrande d'un inconnu, d'un indifférent; aussi les mots par lesquels Grecs et Romains indiquaient ce culte sont-ils des plusexpressifs2. Le dieu, c'est l'ancêtre; et le prêtre, c'est le parent le plus proche.
Quand nous écrivons que l'ancêtre était une divinité pour le Romain, nous n'exagérons pas. En effet, dans toutes les nations qui descendent des Aryas, peuple primitif de l'Inde, chez les Pnses, Celtes, Germains, comme chez les Grecs et les Romains, se trouve l'idée que les âmes des parc ni s survivent invisibles et cachées; qu'elles ont un caractère divin; que leur tombeau est un temple, et qu'elles ont droit à un culte filial.
1. Terra tibi sit îevis ! — MolUter cubent ossa ! — Ave, anima candida... (M. Boissier,
lig. rom.^j.