‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 7 sur 323 · Pers., Sat. V, 70. — Porph. ad Horat. I · texte numérisé non relu

Pers., Sat. V, 70. — Porph. ad Horat. I

Dana l'une des plus anciennes fêtes des Indous, celle des Saintes rivières, dont le Gange et ses affluents étaient l'objet, on honorait les eaux sacrées qui. par leurs utiles inondations, portent la fertilité dans les plaines desséchées. On ne se contentait pas de jeter dans leur cours des métaux de grand prix, des monnaies d'or et des perles fines, on sacrifiait môme des enfants à la personnification du fleuve, la déesse Ganga, qui engloutissait dans son sein ces victimes innocentes.

Les légendes de l'Inde font sortir le Gange, de X ongle du pied droit de Vichnou. Le vœu le plus ardent de l'Indou est de mourir en vue du Gange sacré; et des pèlerins sans nombre veulent, au moins une fois en leur vie, se baigner dans les eaux purifiantes de ce fleuve, invoqué sous le nom de « mère Ganga ».

Quand les habitants en sont trop éloignés, leur culte s'adresse aux humbles cours d'eau qu'on suppose être « en communication souterraine et mystérieuse avec la rivière divine, fille honorée de l'Himalaya ».

Il y a peu d'années encore, dans l'Hindoustan, à Jaggernat1, ville appelée Poury par les indigènes, il y avait une fête en l'honneur de Vichnou, qui attirait les pèlerins par centaines de mille. L'idole, grossièrement taillée, était en bois peint en rouge, le visage noir, la bouche grande ouverte et couleur de sang : des pierres précieuses remplaçaient les yeux. « Jamais plus informe ébauche n'est sortie du ciseau d'un sculpteur : la statue est sans jambes, sans mains, avec des moignons en guise de bras; à ces moignons, ils attachent quelquefois des bras en or2. »

Elle était placée sur un char de plus de 12 mètres de hauteur sous les roues duquel des légions de sectateurs de Vichnou venaient se faire broyer.

Un témoin oculaire de ces épouvantables scènes 3 raconte les faits suivants : il vit un Indou s'étendre le visage contre terre, les mains allongées en avant, sur le passage du char; son corps pantelant demeura longtemps dans l'ornière, exposé aux regards des spectateurs. Quelques pas plus loin, une femme se sacrifia

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