‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 71 sur 323 · Par If. P. Allard; Rouen · texte numérisé non relu

Par If. P. Allard; Rouen

à recevoir la dépouille. Devenu locus religiosus, le sol était inaliénable, et ce caractère sacré existait par le fait seul de l'inhumation 1 ; toutefois cette consécration n'aurait pu résulter d'une fraude : par exemple si l'on avait procédé, en cachette, à des funérailles dans la propriété d'un voisin.

Quand l'usage de la crémation se fut généralisé, on imagina de mêler un peu de terre aux cendres du bûcher : c'était un moyen détourné de constituer un emplacement inviolable; sur le monument lui-même, un avis signalait comme intransmissible2 le domaine funéraire et une certaine surface à l'entour.

Les célibataires et les veufs sans enfants3, soucieux de l'avenir, tantôt affranchissaient des esclaves à condition de venir à tels et tels jours honorer leurs cendres; tantôt léguaient diverses sommes à des corporations4 qui, en échange, se chargeaient de célébrer la mémoire du défunt par des illuminations ou par des banquets commémoratifs , dans la salle spéciale consacrée à ces fêtes5. Ces repas n'avaient de funèbres que le nom, car dans le festin familial6 qui terminait la fête des morts7, la bonne humeur n'était pas bannie ; et pour parler le langage des inscriptions, on devait même y apporter « un visage gai 8, et une âme conforme9 ».

Pour le Romain, le dernier souffle d'un mourant était comme un être véritable, capable de survivre durant un certain temps; et l'on voit dans Virgile et Cicéron, que l'un des proches devait se pencher sur l'agonisant, pour recueillir son souffle suprême. On retrouve cette idée chez les indigènes de Nias, et chez les anciens Floridiens, pour qui ce souffle est un animalcule appelé eheha, grâce auquel se transmettent à travers les générations les traditions de famille.

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