‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 72 sur 323 · IMMI PILULE ET RITES FUNÉRAIRES (EUROPE ET ASIE · texte numérisé non relu

IMMI PILULE ET RITES FUNÉRAIRES (EUROPE ET ASIE

Particularités «lu deuil et de la crémation en France. — Les funérailles à bord. — Le sentiment tilial dans les lois anglaises, au pays de Galles, en Irlande; le Senchus Mor. — Usages bizarres des vieux Norvégiens. — L'autorité maternelle dans les codes autrichiens et russes. —Des déchéances judiciaires de l'autorité paternelle. — Les arbrescercueils dans l'ancienne Saxe. — Cérémonial funéraire chez les mahométans; deuil vert ou rouge. — Le deuil des fils en Chine; le bâton des pleurs; la pièce du fardeau de la douleur...; pieuses chinoiseries. —Le bonnet viril et le jeune Chinois. —Cercueil offert en cadeau. — Description d'un cortège funèbre au Céleste Empire. — Comment les indigènes de la Cochinchine honorent leurs parents. — Privilèges accordés au bon fils par le Code annamite. — Enfants et parents siamois : cérémonie du toupet rasé. — Fêtes mortuaires à Siam : courses, théâtres, feux d'artifice... — Catafalque à dos d'éléphant en Birmanie; embaumement au miel. — Rites funéraires des tribus Ândamaniennes; colliers d'ossements, danse des pleurs... — Noyades pieuses en Hindoustan. — Chiens sépulcraux des régions Gaspiennes. — Singulier tarif du bonheur céleste pour les Hindous. — Culte filial au Japon; les chats et la veillée des morts...

Il semble que rien ne soit moins varié, moins original, que les usages observés actuellement en France au décès d'un parent ; et cependant on ferait un intéressant volume des coutumes usitées en pareil cas. Citons, à titre d'exemple seulement, ce qui se pratique dans les campagnes du Tarn-et-Garonne et dans quelques autres régions encore.

Dès qu'un père a rendu Fâme, les enfants s'empressent d'arrêter les pendules1 et de mettre un crêpe sur les glaces. Dans certaines maisons, on cloue une chouette sur la porte d'entrée, et l'oiseau funèbre reste là jusqu'à ce qu'il soit desséché par le temps.

Le jour de la mort du maître, on retire aux chevaux leurs grelots et aux vaches leurs clochettes. Les laboureurs, les moissonneurs, les vignerons qui aiment à chanter au milieu de leurs

1. Les deuils domestiques, par H. Cailhat. — Lorsque Louis XIV mourut à Versailles on arrêta aussitôt la pendule de la chambre où il rendit le dernier soupir.

divers travaux, ne reprennent leurs refrains accoutumés que lorsqu'à été célébré à l'église le service religieux de bout de l'an.

Ils enlèvent aux bœufs et aux vaches le voile, nommé mouscal, qui sert à chasser les mouches, et le remplacent par un bandeau noir. Dans la garrigue, c'est-à-dire dans la forêt où viennent paitre de nombreux troupeaux de brebis, les pâtres ne manquent pas d'entourer d'un crêpe le cou du bélier. Près de la maison, on couvre également d'un voile funèbre les ruches d'abeilles.

Dans diverses localités, pendant la neuvaine qui suit le décès, on ne prend que des légumes et du laitage : on croirait outrager la mémoire du défunt si on mangeait de la viande. . . En revanche, on songe à procurer une nourriture de choix aux abeilles; et l'on dépose un plat de riz devant leur ruche. D'où vient cet usage? Est-ce un souvenir éloigné des mets que les anciens plaçaient autrefois, et que certains peuples sauvages mettent encore aujourd'hui sur la tombe de leurs morts? ou bien nos paysans veulent-ils par là consoler les pauvres avettes du deuil forcé dont elles ont porté les insignes pendant neuf jours? On ne saurait le dire.

Une innovation notable dans nos usages funéraires est celle introduite par la loi organique de 1887 sur « la liberté des Funérailles1 », appellation très peu justifiée comme on va en juger.

De temps immémorial, en France, la famille ou l'exécuteur testamentaire était, à l'exclusion de tous autres, chargé de surveiller l'inhumation ; mais la nouvelle loi permet à des groupes d'individus2 de réglementer les obsèques et de se substituer même aux parents, enfants, mère ou épouse.

En effet, une organisation particulière existe à cet égard dans nos grandes villes, où des sociétés de Libre-Pensée ont revendiqué le droit d'intervenir, pour faire exécuter ce qu'on pourrait appeler « des polices d'assurance contre le repentir ».

En effet, quand on entre dans ces associations, on s'engage à repousser tout ministre du culte, quels que puissent être les sen-

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