‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 75 sur 323 · Ch. y, v. G · texte numérisé non relu

Ch. y, v. G

gager l'enfant à soigner, nourrir ou recueillir ses vieux parents, l'antique loi irlandaise, le Senchus Môr, déclarait valables les contrats profitables au fils, à condition que le contractant eût son père à sa charge '.

Cette disposition du droit coutumier d'Irlande esl remarquable. Mans L'intérêt même des parents, Le Législateur admettait que toute convention enrichissant le bon fils, était régulière : l'enfant devait trouver là une récompense de ses pieux sentiments, et en même temps une facilité nouvelle pour améliorer le régime d<> vie de ses ascendants. En vieux langage du pays, celui qui prenait son père à sa charge s'appelait rnacgor2.

La loi indique bien quelques circonstances dans lesquelles le père, quoique âgé, n'est pas à la charge du fils; mais l'obligation ne souffre aucune exception si l'ascendant est malade ou faible d'esprit. C'est qu'en effet alors plus que jamais, il a besoin de soins dévoués.

Les anciens Norvégiens avaient des coutumes analogues; de plus, pour que les vieillards pussent trouver chez de jeunes hommes aide et assistance, ils encourageaient et facilitaient l'adoption, qui se réalisait au moyen de formalités allégoriques : le chef de famille donnait un festin, pour lequel on tuait un bœuf âgé de trois ans, dont on enlevait la peau de la cuisse gauche, pour en fabriquer une chaussure qu'on plaçait à côté d'un vase contenant trois grandes mesures de bière. « Alors l'adoptant mettait le pied dans cette chaussure puis, après lui, l'adopté; ensuite tous les membres de la famille venaient successivement chausser le même soulier. Chacun était ainsi pris à témoin de la déclaration du père adoptif 3.

... Ce n'étaient point « plusieurs têtes dans le même bonnet », comme disent les paysans, mais plusieurs pieds dans la même chaussure. Ce symbole de l'admission du nouveau venu dans la famille, a sa tradition : il rappelle beaucoup les pratiques du droit judaïque originaire qui voulait, comme nous le dirons

1. D'Arbois de Jubainville, Puissance patern. en dr. irlandais.

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