‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 76 sur 323 · C. Dareste, Ane. lois de la Norvège · texte numérisé non relu

C. Dareste, Ane. lois de la Norvège

au livre VII, que l'on chaussât la sandale du vendeur, comme ratification du contrat intervenu.

Il y a quelques années encore, l'autorité du « chef de maison » ou « doyen », noms par lesquels en Russie on désigne le père, rappelait l'organisation de la famille romaine à l'époque classique. Dans sa maison, dans sonizba, le père, disait-on jadis, est maître « comme le Tsar l'est de la nation, comme le Khan Test en Crimée * ». L'enfant russe peut être mis en correction s'il est indiscipliné, mais le Code polonais remplace l'internement par la faculté pour les ascendants « de châtier à leur gré leurs enfants, du moment que leur santé et leurs études n'en sont pas compromises ».

; Dans les gouvernements de Tchernigof et de Poltava les parents sont admis à renier leurs enfants'1 si ceux-là les ont frappés ou volés, ou encore « s'ils ont négligé de leur porter secours dans les circonstances difficiles » (art. 167).

Chez l'ancien paysan russe, le mariage n'affranchissait pas le fils qui, dans l'izba paternelle restait soumis au père-doyen jusqu'à ce qu'il eût lui-même des enfants en âge d'hommes. En réalité, il y a un quart de siècle à peine, le moujik disposait au foyer d'un pouvoir despotique, aujourd'hui tempéré par les lois et les mœurs, grâce à la paternelle et puissante influence de l'empereur Alexandre III et de son successeur.

Dans la noblesse russe, les hommages rendus au chef de famille ont perdu quelque peu de leur solennité; cependant, comme particularité de mœurs, on peut citer l'usage qui veut, qu'après le repas, l'enfant embrasse la main de ses parents3.

Tandis qu'en France le mari exerce seul l'autorité paternelle, en Russie le père et la mère en sont investis ensemble 4. En cas de contradiction, l'opinion du père l'emporte, dit la loi; mais du

1. Le Khan ou Kan est le prince souverain chez les Turcs, les Tartares et les Perses. Pour accentuer cette souveraineté, dès que le Khan avait mangé, un héraut, si l'on en croit Montesquieu , annonçait à haute voix que désormais les autres princes de la terre pouvaient aller dîner, si bon leur semblait.

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