Le logos de Platon
(M un obstacle presque insurmontable à la création des routes, des canaux et des chemins de fer. Croirait-on que la ligne télé-i graphique de Woosung à Shang-hal a été plusieurs fois coupée sous prétexte que V ombre des fils se projetant sur des tombes équivalait à la viola don de sépulture prévue par la loi1?
De même, aucun monument ne doit dépasser 99 pieds de hauteur, « pour ne pas gêner la circulation des bons esprits qui planent à cent pieds en l'air ».
Ajoutons que les sentiments professés envers les aïeux sont peutêtre la difficulté principale qu'opposent les Chinois à la diffusion du Christianisme : se faire baptiser, disent-ils, c'est abandonner la religion du foyer, et peut-être même compromettre le sort des défunts; devenir prêtre c'est, par suite du célibat, briser pour l'avenir tout culte familial. Aussi voit-on des familles chinoises se convertir, sauf l'un des enfants que le père réserve, dans l'espoir de perpétuer par son moyen la religion des mânes, et de conjurer ainsi leur courroux.
Au demeurant, l'autorité paternelle pèse très lourdement sur les Chinois, même parvenus à l'Age d'homme.
A sept ans le fils de bonne famille est séparé de sa mère, et ne doit plus manger à la même table qu'elle. Vers quinze ans, il reçoit en grande pompe le bonnet d'homme, qui le fait désormais compter dans le sexe fort, et lui confère le droit de porter pour la première fois des vêtements masculins, c'est-à-dire ornés de soie et de fourrures. Le rituel usité rappelle celui observé pour la remise de la robe chez les Romains.
Voici les formalités chinoises pour cette émancipation : « Les membres de la famille et un groupe d'amis se réunissent à la maison paternelle du jeune homme. L'un des parents est choisi pour remplir les fonctions de maitre des cérémonies : c'est lui qui place le bonnet viril sur la tête du jeune Chinois, lui fait comprendre l'importance de ses devoirs nouveaux, et le changement complet qui doit s'opérer désormais dans ses habitudes et ses goûts; toutefois le fils demeure quand même dans la dépendance vis-à-vis de son père.