Lois et décrète, lot
quelconque. Autour des reins, l'enfant aura une corde; pour chaussure, des sandales en herbes à tige creuse; enfin pour bâton des pleurs , un bambou à nœuds extérieurs.
Pourquoi un bambou? Les commentateurs, qui ont toujours une explication prête, répondent « que le bambou ne change pas en dépit des saisons, et qu'ainsi doit demeurer la douleur d'un fils qui pleure son père ».
Pour un deuil de mère, le bâton des pleurs doit être en bois de dong1, dont les nœuds sont à l'intérieur à la différence de ceux du bambou. La moitié supérieure du bâton sera taillée en rond « d'après la forme du ciel », disent-ils, et la moitié inférieure un peu en carré « d'après la forme de la terre » (?).
Mais quelle que soit l'essence du bois employé (selon que l'enfant pleure son père ou sa mère), en tout cas le gros bout du bâton doit être tenu en bas, contrairement à l'usage; de plus la longueur du bâton des pleurs devra être telle que cette canne étant posée à terre et appliquée le long du corps, arrive juste au niveau du cœur de l'enfant. Voici, au dire des interprètes, le motif de cette recommandation : « Le bâton est l'appui naturel des malades; or la maladie de l'orphelin a son siège dans le cœur; donc la longueur du bâton doit être déterminée par la hauteur du cœur. »
On s'explique comment le mot chinoiserie est devenu, dans notre langue, synonyme de vétille misérable et de minutie excessive.
Si nous n'avions fait vérifier ces réglementations, aussi respectables et touchantes que complexes, nous nous refuserions à y croire; et cependant rien n'est plus exact.
Le Li-kî ou Livre du Cérémonial en Chine dit encore : « Lorsqu'un père vient d'expirer, le fils doit paraître tout à fait accablé, comme s'il ne savait plus où il en est. Quand le corps a été placé dans le cercueil, il doit jeter autour de lui des regards rapides et affligés, comme s'il cherchait quelque chose qu'il ne pourrait pas trouver; une fois l'enterrement fini il doit avoir l'air alarmé et agité, comme s'il attendait quelqu'un qui n'arrive pas. A la fin de la première année de deuil, il se montrera triste et