Le dong ou érythrine
désappointé; et à la fin de la seconde année, il pourra se contenter d'un air vague et inquiet. »
Le chagrin du tils doit atteindre son maximum d'intensité au moment précis du retour de l'enterrement. S'il a le cœur sec, s'il éprouve quelque difficulté à se hausser au degré de désespoir convenable, le Li-ki lui vient en aide par deux pratiques, dont L'action irritante sur les nerfs permet au moins sensible d'obtenir nue affliction décente. L'une de ces pratiques consiste à se lamenter à haute voix à des heures prescrites; l'autre, à se mettre la poitrine nue et à exécuter des sauts. Des précautions sont prises pour que l'enfant n'abuse point de ces stimulants : « Le nombre de ces actes est limité, dit le Li-kî, et il existe pour eux des règles graduées. »
La « gradation du chagrin » est établie d'après les sentiments naturels supposés; ainsi les lamentations pour proches parents ont lieu en public et de façon que tout le peuple les entende : on ne peut rien escamoter. Pour des amis ou de simples connaissances , on va pleurer en rase campagne : c'est remis à la bonne foi des gens. Pour un professeur y l'élève s'enferme dans sa chambre, où il est probable qu'il s'occupe à autre chose qu'à gémir. Il y a de môme des sauts plus ou moins excitants selon ce qu'exige « la bienséance ». A la mort d'un gouvernant, on saute franchement pendant sept jours de suite. Pour une grand'tante, on fait semblant de sauter; « mais les pieds ne quittent pas le sol1 ». Un petit chagrin est jugé suffisant...
Au bout d'un certain temps, plus ou moins long selon le degré de parenté et le rang du mort, on cesse lamentations et sauts; on recommence à manger de bonnes choses; on se remet à la musique, « en débutant par quelques fausses notes pour indiquer le trouble de son cime2 » ; on ose montrer les dents en riant; et ainsi de suite, jusqu'au jour où l'on quitte les vêtements de deuil. Alors le mort a été pleuré selon les rites.
Par là même que les Chinois portent à un degré exceptionnel le sentiment filial, les détails des funérailles doivent, on le comprend, avoir une importance particulière. Et, de fait, c'est une