‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 88 sur 323 · M. A. Leclère, Mœurs du Cambodge · texte numérisé non relu

M. A. Leclère, Mœurs du Cambodge

En cet état, il était conduit sur la place publique, au son du tamtam, et attaché debout à un poteau planté au centre. Alors le supplice du chheu-sandos commençait : un bourreau, armé d'un arc, et placé à une distance de sept fois la longueur de cet arc, lui décochait cinquante coups de petites flèches en bois léger, mais très aiguës qui, bien que faisant des blessures douloureuses, ne pouvaient donner la mort au fils coupable1.

Aux termes de notre code pénal (art. 380), le vol commis par des enfants au préjudice de leurs parents, n'est pas l'objet d'une sanction pénale, mais seulement d'une réclamation, au civil,, ainsi que cela a lieu d'ailleurs en cas de vol entre époux.

Au Cambodge, ce délit est l'occasion de procédures aussi particulières qu'absolument intéressantes pour ie moraliste.

Supposons un mauvais fils qui commet un larcin au foyer paternel. Non seulement il devra subir la peine prévue par la loi du pays, non seulement il devra restituer la valeur soustraite ; mais cette restitution se décomposera de la manière suivante : le père rentrera dans son argent ou dans la valeur de l'objet, moins un dixième (ou khuat) ; et le fils méritera autant de coups de lanière de buffle desséché qu'il y a de bat (petite monnaie) dans la valeur de ce dixième. Et y eût-il accord ou pardon complet de la part des intéressés, rien ne pourra dispenser l'enfant coupable de cette épreuve, bien que les châtiments corporels soient souvent rachetables. Cette peine devra être subie en tout cas par le fils, comme punition de son ingratitude, dit le texte.

Pourquoi le père ne recouvrera- t-il que les neuf dixièmes de la valeur?

Nous rappelant diverses dispositions de très anciennes lois chinoises ou indiennes, nous croyons pouvoir suggérer l'intéressante interprétation suivante : le père qui a un fils voleur, a probablement des reproches à se faire, car si ce n'est par sa faute, c'est au moins par son fait que l'enfant a été mal élevé. Il mérite aussi un avertissement salutaire.

Les enfants siamois témoignent une grande affection à leurs parents, bien que ceux-ci puissent les battre, les mettre aux fers,

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