‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 89 sur 323 · Lakkhana Sang-Krey, art · texte numérisé non relu

Lakkhana Sang-Krey, art

PIETÉ FILIALE ET RITES l-TNi HAIUKS. 170

el même les \ *mk 1 1«^ comme de simples esclaves. Si une famille a des dettes, le père n'hésite poinl à faire argent d'un ou de plusieurs de ses enfants pour se libérer : voilé pourquoi plus on a d'enfants, et plus on se trouve riche. Dans la classe pauvre, la plupart des filles sont vendues A ceux qui les demandent en mariage: elles ne sont pas regardées comme esclaves pour cela, mais bien comme épouses légitimes '.

Presque tous les mois on rase les jeunes Siamois pour fortifier leur chevelure; mais quand ils sont parvenus à l'âge de quatre ou cinq ans, on laisse pousser sur le haut de leur tetc un toupet rond qui ne se coupe qu'à l'époque de l'adolescence, en signe d'émancipation. Quand vient le temps de raser le toupet, la famille envoie des présents, en fruits et gâteaux, aux parents et connaissances invités à cette fête intime. Ce jour-là, l'heure de la réunion s'annonce par un coup de fusil; les talapoins2 récitent des prières sur l'enfant, décoré de tous les ornements et bijoux qu'on a pu se procurer, puis ses plus proches parents lui rasent le toupet, pendant que l'orchestre joue des airs joyeux; tous les conviés adressent ensuite leurs félicitations au jeune tondu, et chacun dépose pour lui une offrande en argent dans un grand bassin d'or ou de cuivre. Cette collecte, qui monte quelquefois à une grosse somme, devient le profit des parents. Ce jour-là il y a table ouverte : on mange, on boit, on fume, on mâche le bétel, on joue aux cartes et aux dés. Les riches font en outre représenter des comédies et prolongent la fête deux ou trois jours. A l'occasion de cette cérémonie pour son fils, le roi de Siam fit édifier sur une grande place une montagne factice, avec un sentier pour parvenir au sommet où se dressait un pavillon. Il voulut qu'on organisât une procession composée de mandarins, de soldats, et de plusieurs centaines d'enfants en brillant costume, et porteurs de Heurs de nymphaea. Le jeune prince, chargé de colliers et de bracelets d'or, fut promené sur sa chaise au son des instruments. Le cortège étant arrivé devant les appartements du roi, le prince alla se prosterner aux pieds de son père, qui le prit par la main et le conduisit dans le temple où sont déposées les cendres des an-

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