M. Pallegoix, Siam
un et du Péffo.
cètres; le jeune prince les vénéra. Il y revint trois jours consécutifs; le quatrième on lui coupa le toupet dans le temple en question. 11 revêtit alors un langouti blanc au lieu du rouge qu'il portait; puis la procession se dirigea vers la montagne; le prince se lava daus un bassin p lacé au bas, et monta ensuite jusqu'au pavillon avec quatre grands seigneurs, pour y accomplir quelque cérémonie superstitieuse dont on garda jalousement le secret.
En résumé, quand l'enfant siamois « n'a plus de toupet », c'est qu'il est émancipé.
Il y a quelque temps mourait le père d'un souverain de Siam. Le désespoir du roi fut immense, et il voulut que la dépouille paternelle fut incinérée avec toute la pompe possible. « Il fit élever dans la ville une montagne de faux rochers. Un balcon à panneaux de miroirs entourait le kiosque central, autour duquel huit constructions dorées formaient l'auréole éblouissante du mausolée. Dix-huit parasols à cinq étages avaient été plantés autour du catafalque. La carcasse de papier mâché qui, pour les rochers seuls s'élevait à 125 pieds, était revêtue de feuilles d'argent, d'or, de platine et d'antimoine. Le corps, placé au haut du bûcher, y resta exposé pendant trois jours : la ville de Bangkok était pleine d'une foule immense venue de tous les points du royaume. Les funérailles, d'une splendeur sans précédent, ont coûté 500.000 livres sterling. Elles ont compris, suivant l'usage bouddhique, des processions, des tournois, des courses de chevaux, des luttes, et même des représentations théâtrales, des joutes et des feux d'artifice 1 ». Trois jours durant, le roi distribua à la foule de petites pièces d'or et d'argent de monnaie siamoise, et des billets de loterie qu'il jetait du haut du balcon de son palais.
Pendant ce temps les prêtres bouddhistes se tenaient sur les gradins du catafalque géant, et chantaient les hymnes consacrés à l'éloge du défunt.
Enfin l'après-midi du troisième jour, le souverain, escorté de pleureuses, de prêtres et d'enfants, vint solennellement mettre le feu au bûcher; il s'avança fondant en larmes, et jeta son flam-