B. H. R., J. des Voyages, n
beau de résine au milieu d'un monceau de matières inflammables. Le Lendemain malin les cendres turent dispersées dans La rivière; et les ossements non consumés, réunis et placés dans des urnes d'or, furent déposés dans les caveaux du temple réservés à la famille royale.
Dans Les parages du golfe du Bengale, lorsqu'un père meurt, sa famille enterre avec lui les instruments, ustensiles et outils à son usage personnel. Une coutume cruelle veut que l'épouse se fasse couper une phalange en signe de deuil. Si elle se refuse à donner au mari défunt ce témoignage de respect et d'amour, alors on fait à l'une des poutres de la maison une profonde entaille qui restera comme le témoin scandaleux de l'outrage infligé à la mémoire de l'époux. Pareille mutilation n'est pas exigée des enfants, elle est seulement facultative.
« Lorsque j'étais à Cornicobar [ dit M. Georges Hamilton, j'assistai aux funérailles d'une vieille insulaire. La maison mortuaire était remplie de femmes, occupées à entourer le corps de feuilles et de toile... Les hommes du village, assemblés dans une maison voisine, buvaient du soura, liqueur fermentée extraite des bourgeons et des fleurs du cocotier. Pendant ce temps, deux jeunes gens creusaient une fosse tout près de la maison. Quand les femmes eurent achevé l'ensevelissement, elles poussèrent toutes à la fois un cri eifroyable. Aussitôt on se rassembla autour de la fosse, et quatre hommes entrèrent dans la maison pour prendre le corps que le fils feignit de disputer longtemps aux porteurs... Dt's qu'on eut descendu le cadavre dans la terre, on égorgea une demi-douzaine de porcs et autant de poules qui avaient appartenu à la vieille mère, et on les inhuma avec elle. »
En Birmanie les religieux des couvents bouddhiques, plus respectés que les parents mêmes, sont entourés d'un véritable culte qui se manifeste surtout avec éclat le jour de leurs funérailles. « Nous vîmes, écrit un témoin oculaire, le cercueil d'un prêtre de Bouddha porté par un faux (Hé pi tant colossal, formé