I!e du golfe du Bengale. Voyage de M. <-. Hamilton
d'une carcasse de bambou recouverte de papier doré ou peint : le tout, établi sur une plate -forme mobile, traînée à travers les rues. Sur le dos du pachyderme, on installa un superbe catafalque ou « pyathet » sous lequel reposaient, dans une bière en bois de cèdre, les restes embaumés du révérend phoongye. Derrière ce volumineux corbillard venaient de nombreux véhicules, portant des figures symboliques ou religieuses, puis une longue procession de moines en robes jaunes, de prêtres et d'acolytes de tout rang qui chantaient les louanges de Bouddha l. Sur la place choisie pour la crémation du cadavre, avait été érigé le bûcher, imposant édifice de bois artistement découpé et surmonté d'une petite pagode. Le corps du défunt y fut déposé sous un dais d'une grande richesse. Le tour du catafalque était rendu plus inflammable grâce à un enduit de résine et de poix. Une fois les prières et les hymnes terminés on y mit le feu et le corps fut rapidement consumé.
En pareil cas, tous les villages voisins concourent au paiement des obsèques. Des voitures surmontées de figures d'hommes ou de femmes gigantesques, des dragons ou d'autres animaux fantastiques sont transformées en tirelires monstres où chaque passant dépose quelque monnaie pendant que ceux qui suivent le cortège dansent et chantent au son des instruments les plus criards. Les luttes athlétiques, les courses de poneys, les représentations théâtrales et les exhibitions de marionnettes se prolongent fort avant dans la nuit2. Le miel est le principal ingrédient qu'emploient les Birmans pour empêcher la corruption des cadavres.
Les morts, chez les tribus Andamaniennes de la mer des Indes, sont enterrés au milieu du campement, ou exposés sur une sorte d'estrade construite dans les arbres.
Le décès d'un enfant présente des particularités spéciales. La mère commence par raser la tête de son fils défunt, et l'enduit à' ocre aï à' argile ainsi que le cou, la poitrine et les genoux3.