‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 11 sur 285 · Comp. Schoolcraft, I, 250; II, 179, 199; III · texte numérisé non relu

Comp. Schoolcraft, I, 250; II, 179, 199; III

traire, à un point de vue, il faut y voir un spiritualisme follement exagéré.

Pour nous, nous estimons que de tels sentiments ne sont qu'une déformation de cette croyance originaire : la maladie est le douloureux châtiment des individus ; comme, d'autre part, la guerre est la sanglante leçon des peuples.

Le fétiche1 ne doit pas être confondu avec les divinités naturelles, ni avec les idoles qui sont les dieux de tous : il est, lui, M propriété de l'individu ou de la famille qui l'a trouvé , le protecteur spécial du groupe qui Fa imaginé.

En réalité, les fétiches sont moins des dieux, que des choses passant pour être douées d'une vertu divine. Aussi, entre toutes les définitions proposées, nous arrêterons-nous à celle donnée par Burton : « Le Fétichisme, dit-il, est l'adoration ou plutôt la propitiation d'objets animés ou inanimés, à qui une influence mystérieuse est attribuée ». Ce sens est pleinement confirmé par Fétymologie portugaise que fournissent les lexicographes, en faisant dériver le mot fétiche de fetisso , objet enchanté2.

Le fétiche n'étant point un dieu à proprement parler, et surtout n'étant qu'un Génie personnel ou familial, il reste donc place pour le Dieu de tous , pour le Grand Esprit, dont nous nous occuperons dans le chapitre suivant.

Cette constatation est de la plus haute importance, car elle permet à l'Unité divine de rayonner dans sa plénière indépendance, au-dessus des cultes particuliers.

Mis en présence de faits cultuels indéniables, ceux qui plaident contre l'universalité du sentiment religieux croient échapper à la contradiction, en disant que le fétichisme^ n'est pas une religion.

En cela on joue sur les mots, et on nie l'évidence.

Pourquoi ne pas prétendre également que les Grecs et les Romains étaient des peuples athées n'ayant aucune religion, mais de simples imaginations poétiques; que d'autre part le

1. Le fétichisme est l'application ordinaire des théories animistes.

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