‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 122 sur 285 · Les Quatre Vents de V Esprit · texte numérisé non relu

Les Quatre Vents de V Esprit

sentiments qu'on éprouve instinctivement pour soi-même : telle est la douceur de la loi nouvelle.

Quant à l'égalité devant Dieu, le Christianisme la proclame hautement, et supprime les distinctions de caste, de race et de rang, au point de placer sur les autels de pauvres ouvriers , d'humbles artisans : un saint Pierre, un saint Joseph, un saint Éloi et tant d'autres! car, selon l'expression de l'apôtre des Gentils : « Désormais il n'y a plus ni premiers ni derniers, ni Grecs, ni Juifs, ni Barbares, ni esclaves, ni libres. Le Christ est tout, en tous. »

Après avoir étudié les dieux du paganisme, comme nous l'avons fait précédemment, on comprend combien est judicieuse cette remarque d'un auteur, qui compare la personne du Rédempteur aux légendes sacrées des différents peuples : « Le Christ, dit-il, est bien le désiré des nations : il est tout ce qu'elles ont rêvé sous des noms divers et à travers des images plus ou moins grossières ou impures. Il est la réalisation de cette Espérance, réparatrice des maux sortis de la boite de Pandore ; il est cet Epaphus, enfant promis et libérateur qui devait naître de la vierge lo; il est cet Orus descendant d'Isis qui devait surmonter le serpent Typhon; il est le véritable Hercule qui devait tuer le dragon; il est le Vichnou des Indiens, dont l'incarnation devait réparer les maux des hommes, le Vitzliputzli des Mexicains qui, assis sur un globe d'or, tenait dans sa main une couleuvre ondoyante... 11 résume aussi le « Logos » de Platon , le Docteur universel de Socrate , le Saint de Confucius, le Dominateur attendu de tout l'Orient; voilà même le Grand Esprit qui plane au-dessus des déités fétichistes des sauvages1! »

Ainsi les Dieux du paganisme, dans leurs formes variées et leurs aspects multiples, affirment à leur manière la croyance traditionnelle en un Être suprême et nécessaire, dont l'humanité a gardé le souvenir obscurci, déformé, mais impérissable quand même.

Précédemment nous avons donné des explications détaillées sur la signification du mot adorer, c'est-à-dire élever les mains à la hauteur des lèvres, ad os.

1. Catéchisme philosophique p. Aug. Nicolas (1. II, chap. vi).

L'ADORATION DAN8 LES RELIGIONS CHRETIENNES. i>'..r>

Or le livre de Job corrobore pleinement cette et} mologie. S'applaudissanl de ne s'être point laissé aller à L'idolâtrie, Le saint

homme .loi» s'exprime ainsi : <^ Si j'ai VU Le soleil dans son pins grand éclat, je ne l "ai point contemplé, ni la Lune Lorsqu'elle

avait le pins de majesté. Mon cœur n'a point été séduit en secret, et je n'ai point porté ma main à ma bouche pour la baiser, » c'est-à-dire pour adorer les astres comme un païen ' .

D'après Ménochius, les gentils adoraient aussi les idoles en touchant leurs statues et en portant ensuite la main à la bouche'2.

Mais si les premiers chrétiens devaient éviter d'imiter les rites du baiser païen, au contraire le baiser de pair, entre les tidèles, était une cérémonie des plus usitées, d'après le conseil même de saint Paul : « Chrétiens, relevez-vous les uns les autres par un saint baiser3. »

Saint Chrysostome parle aussi « de ce baiser de charité, selon la grâce v.

Il s'échangeait après la récitation du symbole, entre les prêtres et les clercs, et aussi entre les assistants laïcs; mais d'après Tordre précis des Constitutions, les convenances étaient observées : les chrétiens embrassaient les chrétiens, et les chrétiennes s'/ mbrassaient entre elles''.

On s'abstenait de ce signe de joie mutuelle le Vendredi Saint « jour du baiser du traître Judas ».

Le « saint baiser » se donnait au nouveau baptisé, et faisait aussi partie du cérémonial des fiançailles.

Déjà les Hébreux s'étaient servis de l'encens pour l'offrir à Jéhovah , sur l'autel des Parfums; le Christianisme en a continué la tradition comme mode ordinaire d'adoration. On sait que les mages vinrent l'offrir à l'Enfant-Dieu dans la crèche, avec la myrrhe et l'or.

L'agréable et pénétrante odeur de cette substance brûlée, dit

1. ... X on oscvlattu sum manum meam or-' est iniquitas maxima et negatio contra Deum ultiêrimum. Job, xxxi. 26, 27, 28.

2. ... Solebant enim olim adorantes, protensa manu, viola tangere, et deinde maman ad osculum reducere. (Notes de ICenochins.)

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