‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 124 sur 285 · De coron, militis, III · texte numérisé non relu

De coron, militis, III

Le plan de presque toutes Les églises chrétiennes rappelle aus^i la l'orme d'une croix, grecque ou latine : par exemple, celui du Panthéon à Paris est une croix grecque, celui de Notre- Dame une croix latine.

On s'esl demandé si le mode actuel du signe de la croix a toujours été le même.

Il semble que ce signe fut d'abord tracé, non avec la main entière, mais avec le pouce de La main droite. Ce n'est point là qu'une supposition : plusieurs auteurs disent que tel ou tel se signa, avec Le doigt, digito suoi. En tout cas, à la différence • les schismatiques grecs, nous mettons la main droite au front (T abord, et non à la bouche. A chaque page des écrits des SS. Pères, le front est rappelé comme étant le point de départ de révolution-.

Non seulement les chrétiens d'Orient mettent trois doigts à la bouche, au lieu de porter comme nous la main au front; mais la différence s'accentue de plus en ce qu'ils continuent le signe, de droite à gauche, alors que les Latins le dirigent inversement, c'est-à-dire de l'épaule gauche à l'épaule droite.

La position des doigts dans cet acte pieux a une signification liturgique.

Ainsi, pour les consécrations comme pour les bénédictions, les circonstances et la qualité de l'officiant modifient le geste, d'une manière intentionnelle : le signe de la croix fait avec un seul doigt rappelle l'unité divine; avec trois doigts, la Trinité; avec la main entière, c'est-à-dire avec les cinq doigts, les plaies du Christ.

Trouvant, dans les anciens monuments de l'Orient, des ornements formés de lignes se coupant à angle droit, tels que la swastika, quelques auteurs en ont conclu que la croix était la copie servile d'une forme ancienne.

Remarquons d'abord que l'on en pourrait dire autant des signes élémentaires quelconques entrant dans tout dessin, même

1. Ain-i faisait Julien de Bostre digito sno, d'après Sophrone; Sozomène en dit autant de l'évêque Donatu? , et saint Epiphane d'un certain Joseph : a ... digito .-i'/naculum t ».

•'. Frontem crucis ngnaeuîo tertre. (Saint Chrysost.)

de l'âge des cavernes : points symétriques, lignes parallèles, triangles, demi-cercles, ou cercles : autant de lignes décoratives qui se prêtent à des groupements harmonieux.

L'érudition ne va-t-elle pas chercher bien loin une explication qui est peut-être très près de nous; et d'ordinaire l'usage auquel on destine les objets, ne suffit-il pas à en déterminer la forme, qu'il s'agisse de lance ou d'épée, de potence, de billot ou de croix?

Viendrait-il à l'idée de personne de soutenir que c'est pour évoquer le souvenir du gibet du Golgotha, que les architectes donnent aux croisées des maisons l'aspect que l'on sait? Pas plus qu'il ne serait sensé de dire que c'est dans le but de rappeler aux humains les disques du Soleil et de la Lune, que les potiers de tout temps ont choisi, de préférence, la forme ronde pour les plats que l'on retrouve sur la table de tous les peuples?

Mais, alors même qu'il serait constant que deux barres s'entrecroisant auraient représenté jadis un emblème religieux1, on se demande en quoi on pourrait en faire grief au culte de la croix, « car les chrétiens vénèrent ce bois de supplice, dit saint Ambroise, non, certes, à cause de son aspect ou de sa qualité, mais parce que le Christ y fut cloué pour le rachat des pécheurs2 ».

La prière chrétienne par excellence, le Pater, était la formule préférée des amis du Christ, qui en avait lui-même donné la teneur.

Saint Mathieu3 et saint Luc4 en ont reproduit le texte avec de légères variantes, qui ne font que confirmer le sens et la pensée générale de cette oraison magistrale.

La traduction de la Vulgate, que nous donnerons en français pour plus de clarté, est la suivante, quant au texte de saint Mathieu : « Notre père qui êtes aux cieux, que soit sanctifié votre nom! que votre règne arrive! — que votre volonté soit faite, au

1. Ilist. des relief., M. Lang, 161 : ce Le mot indien svastika veut dire : objet de bénédiction. »

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