Tu dicis amen. De nupt., IV
Dans les temples, d'après la discipline des Constitutions apostoliques, les hommes assistaient aux prières, tête découverte, et les femmes, au contraire, tête voilée. ïertullien composa même un traité spécial1 pour rappeler aux vierges chrétiennes « l'usage du voile, vêtement de modestie ».
En quoi l'attitude des chrétiens pendant l'oraison différaitelle de celle des païens?
Prier les mains élevées est, avons-nous vu, une posture naturelle à tout homme qui s'adresse à la Divinité; aussi ce geste suppliant a-t-il été usité même par les peuples païens; chez les Égyptiens, par exemple, ainsi que l'attestent leurs monuments funéraires; chez les Étrusques, comme on le voit dans la collection des statues de Ghiusi... On retrouve la même posture au revers de bon nombre de médailles romaines. Au temple, les Romains se tenaient voilés, « afin que la vue d'une figure ennemie ne vint point les troubler ». De la main, ils touchaient l'autel, ou, des lèvres, embrassaient les genoux des dieux.
Les premiers chrétiens priaient plutôt debout, les bras ouverts et un peu élevés vers le ciel, attitude qui est exactement rappelée par le prêtre, durant une partie des cérémonies de la messe.
Les figures priantes qui les représentent sont connues sous le nom dorantes.
Quelques bas-reliefs ou dessins nous montrent des princesses chrétiennes en prière, ayant de chaque côté les coudes soutenus par des serviteurs, pour diminuer la fatigue de leurs oraisons prolongées : cela rappelle Moïse recevant d'Aaron un service analogue.
L'attitude spéciale des figures priantes ou orants, est expliquée dans les écrits des Pères. Pour adorer, font-ils observer, les païens élevaient les mains, le bras replié formant un angle droit; les chrétiens, au contraire, étendaient les bras dans une position presque horizontale2, afin de rappeler le Christ sur la Croix et de différer des idolâtres. « Oui! dit Tertullien avec in-