Utrumque yenu in terram... (III Reg., vnr
C'est en Afrique que le latin se substitua le plus rapidement au grec, pour devenir peu à peu la langue ecclésiastique actuelle.
La « bonne nouvelle » devant être annoncée à toute la terre, les pasteurs crurent nécessaire de n'admettre, autant que possible, qu'une seule langue d'Église, afin de mieux conserver l'unité de foi au milieu des croyances et des races diverses.
Toutefois Jésus-Christ et ses disciples parlaient la langue populaire connue sous le nom d'araméen, et non point le grec ni le latin.
Rares sont les paroles de Jésus ou celles de ses disciples reproduites parles évangélistes. Cependant on sait que l'Homme-Dieu était appelé par son entourage : rabbi, rabbônî, c'est-à-dire : maître , mon maître l !
PmVTquand Notre -Seigneur rend l'ouïe et la parole à un sourdmuet, il formule cet ordre : « Ephphétha-, sois ouvert3! »
De même pour ressusciter la fille de Jaïre, il la prend par la main en prononçant ces mots : « Talîtha, qûmi; jeune fille, lèvetoi4! »
Enfin sur le Golgotha, le Christ, usant encore du dialecte araméen, jette ce cri d'angoisse : « El-î, El-îl lâmrnâh sabacthanih(!t Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné 6? »
On voit que Jésus parle, non point la langue de ses bourreaux, mais celle de ses disciples et de ses amis; en sorte que les soldats romains qui ne comprenaient point l'araméen, crurent que cet appel suprême, sortant de la bouche du Christ expirant, s'adressait non à Dieu, mais à Élie.
Sur les premiers monuments chrétiens, l'idée de Dieu le Père n'était figurée que par une main isolée, sortant d'un nuage 7.
Dieu étant incorporel, invisible, il semblait difficile de le représenter sans une sorte de profanation; toutefois, par là même