CULTE DBS ESPRITS CHEZ LES NON-CIVILISES
On comprend que les Lois de l'hérédité, qui reproduisent si soin oui dans les descendants immédiats, ou même éloignés, certains signes typiques, certaines ressemblances frappantes, aient donné une grande consistance à celle opinion.
Poussant à l'extrême la théorie de l'intention dans les actions humaines, écril un auteur1. L'indigène s'arroge le droit de rendre sacré, inviolable, tel objet, auquel il décernera un brevetdivin, « en Le taisant fétiche », grâce à certaines cérémonies qui ont pour lui un caractère sacré.
Cette expression courante , faire fétiche , nous rappelle un dialogue entre un missionnaire- et un jeune nègre du Dahomey. 11 s'agit d'un petit négrillon, Tiko, au teint noir et luisant, aux dents blanches, aux lèvres épaisses, au nez épaté, mais au regard vit' et pénétrant.
Ce jeune catéchumène manifestait le désir de se convertirai! Christianisme; mais les prêtres de la Mission redoutaient qu'il devint la victime de parents fanatiques, dont le corps, aussi bien que la butte, était couvert d'objets superstitieux de toute sorte. — « Tu veux être baptisé, enfant? dit le prêtre : penses-y bien! quand tu retourneras vers ton père Kouënou, ne te dira-t-il pas : « Tiko. fais fétiche, adore les idoles. » — Moi répondre à Kouënou : « Non î Tiko chrétien! Tiko pas faire fétiche. » — Oui, mon petit ! mais Kouënou te dira : « Si tu refuses de l'aire fétiche, je te « couperai la tète aussitôt. » — Oh! couper vite la tête à Tiko... ! Moi content : Tiko ira au ciel ! »
Chefs et sujets des tribus africaines attribuent « aux fétiches des blancs », comme ils les appellent, la supériorité intellectuelle des Européens : aussi s'ingénieront-ils à se procurer 1el ou tel bibelot appartenant à des voyageurs ou à des missionnaires : au besoin, ils déroberont sans scrupule ce qu'ils pensent être un talisman de civilisation.
Les féticheurs chez les nègres du Gabon constituent une caste à part. Intermédiaires entre le peuple et les Esprits, ils procèdent plutôt comme des sorciers que comme des prêtres. Ils se disent