M. Terrien, dea Miss. Afric /<-<;. cit
en correspondance avec les Génies (imbouiri), et avec les <]ni<-s des morts (abambo) : ils leur commandent et prétendent les ressusciter à volonté « en évoquant leurs ombres à la surface d'un miroir ou d'une eau limpide1 ». Le féticheur est au besoin juge, et même sacrificateur, s'il croit nécessaire d'apaiser le dieu par l'effusion du sang.
Une des fonctions du féticheur consiste à corriger les enfants et les femmes, au gré des parents ou même des maris. « Chez les Galoa, écrit le P. Bichet, cette sorte de croquemitaine mystérieux est appelé Yasi, ou encore Okoukoué2. »
Convaincu qu'il est entouré d'embûches, le Gabonais passe une partie de sa vie à faire fétiche. De sa pirogue il répandra dans l'eau un peu « d'abougou » pour se la rendre propice, comme le Krouman 3 crache à terre ou sur son voisin dans le même but, comme l'indigène de Kabar jette au vent quelques gouttes de ses libations...
Mais, de tous les objets fétiches, il n'en est pas de plus précieux pour le Noir que l'Okoundou. Par là le Mpongoué, habitant du Gabon, désigne un débris tiré des sépultures : cheveux, dents, ossements, chairs réduites en cendres et conservées dons un sachet, pierres à formes bizarres, cornes d'antilopes ou simples coquilles de colimaçon. Souvent, dans l'intérieur des figurines représentant les dieux, il insérera quelques parcelles de débris humains; et pour lui, le Génie évoqué habitera désormais la statuette tutélaire.
Les fonctions de féticheur sont quelquefois confiées à des femmes. D'après le Dr Lestrille4, l'aspirante au rôle envié de femme* fétiche use doit se distinguer par des qualités exceptionnelles. Une fois désignée, on la couvre de rubans et de clochettes, on la décore de couleurs magiques; puis, durant plusieurs semaines, elle se tient isolée des profanes, pour se mettre, dit-on, en communication avec les Esprits. Après s'être soumise à un régime d'exaltation fiévreuse qui en fait une véritable névrosée,
1. Dr Barret, II, 166. Le fantôme ou revenant s'appelle ibambo.