II, saint Paul
E/A.DOBÀTION DANS LES RELIGIONS CHRÉTIBNN] 17'.'
Même conseil sera donné en faveur des Césars, par saint Justin, Tertullien, 0 ri gène, saint Cyprien, el tanl d'autres...
Il en résulte donc que si plus tard L'omnipotence, ou plutôt la prédominance ecclésiastique a pu être un fait à certaines époques; s'il y a eu 'les prétentions excessives <l<i la pari de quelques bommes d'Église : si des abus enfin ont été commis, le précepte *, lui. n'a jamais été ni l'effacement, ni l'absorption de la société civile par l'Église.
El au point de vue social, comme au point de vue religieux, La distinction faite par le Christ lui-môme, entre Dieu et César, aii^si désirable (pie nécessaire à l'indépendance des deux pouvoirs : à condition toutefois que. sous le fallacieux prétexte de défendre l'Étal contre les envahissements d'une théocratie imaginaire, la Politique ne s'ingénie point à créer entre eux un an oisme systématique.
Dans la suite après la période sanglante des persécutions, quel appui L'Église naissante trouva-t-elle dans la société civile convertie à sa doctrine?
on se fait généralement une idée très inexacte de la condition des iidèles sous les empereurs chrétiens. Là encore, la politique exerça une influence prépondérante sur les deux cultes qui se trouva Lent en présence : le christianisme déjà puissant, et le paganisme avec lequel on était obligé de compter.
Quoique champion résolu du christianisme, Constantin, malgré son changement de croyance, était à la fois « évoque du dehors », protecteur de l'Église, et pontife païen, pontifex maximuSj titre officiel qui lui conférait la fonction de grand juge - les contestations relatives aux privilèges, aux rites, et aux monies religieuses du culte des faux dieux.
\on seulement Constantin ne proscrivit pas le paganisme, non s.alrment il le toléra ou le laissa même jouir de maints privilè officiels ; mais dans diverses déclarations dont l'esprit contraste
1. S1 Paul a dit : Non est... <>m)ti.< potestcu nisi a Deo... Itaqw, qui res'istit potestati, I - lit (Rom., XIII, 2). ÏSaint Pierre ne tient pas un autre lang
<: titott propter i • /<.'/<. BIVE DUCIBUS, tanquam a Deu missis (Ep. I, II,
avec les tendances de l'époque, il pose ce principe : « La liberté de religion ne saurait être contrainte, et dans les choses divines chacun ne doit obéir qu'au mouvement de sa conscience » (Édit de Milan1).
Il permit la divination pourvu qu'elle fût publique, et les rites des aruspices quand il s'agissait de maladies ou de recettes ; il laissa subsister nombre de temples de la gentilité, en respectant leurs revenus. S'il blâma les sacrifices et les adorations à l'adresse des idoles, il les autorisa cependant pour éviter une opposition trop forte, et peut-être de sanglantes représailles.
« Allez, impies, puisqu'on vous le permet! s'écrie Constantin dans un fameux discours; profitez de l'impunité qui vous est laissée! allez librement aux immolations des victimes et aux festins; mêlez ensemble les fêtes, les orgies et vos sacrifices2! »
Étant donnés ces ménagements de la politique de Constantin, on ne s'étonne pas trop de ce jugement de saint Augustin, disant que, sous Constance, une grande partie de la noblesse de Rome adorait encore les idoles. Et l'évêque d'Hippone raconte avoir vu magistrats et décurions honorant publiquement les faux dieux : sur les marchés publics, on vendait même les viandes qui avaient été offertes aux idoles impures.
Dans un calendrier de l'an 354 de notre ère, on voit, en effet, que les jeux et les fêtes du paganisme n'avaient point disparu. On y lit inscrites des solennités en l'honneur des Lares, des Vestales, des Lupercales3, de Jupiter, de Neptune, de Cérès, de Diane et de Flore.
De ce qui précède, il résulte que si le christianisme se répandit, c'est bien plutôt grâce à la supériorité de sa doctrine, qu'à raison du concours apporté et du zèle déployé par les premiers Princes chrétiens, que l'on se représente souvent comme violentant les consciences païennes pour les faire abjurer leur foi.
Il est à remarquer que les grandes villes représentant l'élément le plus intelligent, allèrent les premières à la foi évan-