‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 133 sur 285 · Orat. ad. sanctor., vers · texte numérisé non relu

Orat. ad. sanctor., vers

3. Le peuple célébrait les Lupercales encore en l'an. 493, époque où le pape les interdit formellement.

ique; tandis que le paysan, à L'esprit borné et terre à terre, le vrai païen paganns, enlizé dans l'idolâtrie, demeurait encore sous L'empire de ses anciennes aberrations.

Et 1rs statues des faux dieux restèrent exposées à l'adoration populaire, longtemps après être tombées dans un discrédit justifié.

Poussés parmi zèle peu judicieux, certains esprits, au vin0 siècle, considérèrent comme une dévotion coupable la vénération donl on entourait les signes pieux : nous voulons parler des Iconoclastes ou briseurs d'images.

In évèque de Phrygie nommé Constantin, aveuglé par ce scrupule, continua L'empereur Léon dans l'opinion que ce dernier avait reçue dus Musulmans, à savoir : qu'il était impie, blasphématoire et idolâtrique de rendre un culte aux dessins représentant Dieu et des saints.

Saint Germain, patriarche de Constantinople, protesta, et exposa la doctrine de L'Église à cet égard : il fit voir que les chrétiens ne rendaient aux images qu'un culte qui se rapporte aux personnes sacrées, de la même manière que l'on respecte le portrait ou la statue d'un ami.

Le Pape Grégoire III insista dans le même sens. Mais l'empereur Léon ne sut pas comprendre la différence séparant ce sentiment, de l'adoration véritable. Aussi, se sentant offensé par la résistance des fidèles qui ne voulaient point céder, il rendit un décret contre ce qu'il appelait « l'adoration des saintes images », et voulut forcer tout, le monde à s'y soumettre. En conséquence, il fit enlever tout signe rappelant Jésus-Christ, la Sainte Vierge ou des Saints, partout où il s'en trouvait, ordonnant qu'on les brûlât sur-le-champ; et il excita par là une persécution aussi cruelle que celles des Empereurs païens.

Grégoire III lui écrivit une lettre pressante, dans laquelle il se plaignait de ces destructions acharnées.

Constantin Copronyme suivit les traces de son père Léon, et employa toute son autorité pour généraliser l'interdiction; il s'attaqua surtout aux moines qu'il haïssait particulièrement.

Enfin, la tradition de L'Église touchant le culte des images,

fut confirmée par 317 évoques réunis àNicée1. Nous rapporterons seulement la définition de foi de ce Concile, relativement à cette prétendue adoration.

« Décidons : que les Saintes Images de papier de couleur, ou de matière convenable, seront exposées, soit dans les églises, sur les vases, habits sacrés et murailles, soit dans les maisons ou les chemins : car plus on voit souvent ainsi Jésus-Christ, sa sainte Mère et les saints, plus on se sent porté à se souvenir des originaux et à les aimer. On doit rendre à ces images le salut et les adorations d'honneur, mais non le culte de latrie, qui ne convient qu'à la nature divine. On pourra néanmoins en approcher l'encens et le luminaire... Ceux qui osent penser ou enseigner autrement, nous ordonnons qu'ils soient déposés s'ils sont évêques ou clercs, et excommuniés s'il s'agit de moines ou de laïques. »

On a retrouvé les termes dont se servaient nos aïeux, vers la fin du xie siècle, en récitant le Pater-. Le texte est emprunté à l'historien César Cantu3, qui le premier l'a publié dans son Histoire universelle.

Sire Père, qvi es es cievxl saintefiez soit li tvens nons! avigne (advienne) li tvens règnes; soit faite ta volonté, si comme ele est faite en ciel, si soit ele faite en terre.

Nostre pain de casvn iovr (de chaque jour) nos done hvi (aujourd'hui), et pardone nos nos meffais , si comme nos pardonons à sos qvi me/fait (fait mal) nos ont.

Sire! nesoffe qve nos soions tempté par mavvesse temptation; mes, Sire, délivre nos de mal. — Amen.

On lit, à la fin du Psautier que Guillaume le Conquérant fit traduire pour les Anglais, ce texte du Pater qui peut servir de spécimen du dialecte normand :

Li nostre Père qvi ies es ciels, sainte fiez soit li tvens nvms! avienget il tvens règnes, seit feite la tve volvntet, si cvm en ciel et en terre ; et

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