‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 134 sur 285 · Mort en · texte numérisé non relu

Mort en

LA.TION pans LES BELIGIONS CHRÉTIENNES. L88

nostre pain cotidian dvn a noz oi, et perdvne a uns les noz dettes, eissi cvm nvs pardvnvns a nos detvrs; ne nvs meine en temtativm, mais <1>:Hvre nvs de mal. Amen,

Il fut en France un temps où l'appel à hi prière se faisait par les pues au nom des trépassés; H la coutume existe encore dans certains endroits de L'Espagne.

L;i cloche des morts, sonnant un glas funèbre, n'avait pas seulement pour but d'annoncer aux vivants qu'une àme du voisiaage venait d'entrer dans l'éternité, mais aussi de leur rappeler le souvenir des parents qui ne sont plus; on l'appelait la sonnette des trépassés, ei celui qui l'agitait dans le silence de la nuit se nommait « clocheteur ».

Il y a moins d'un demi-siècle, à Poix, dans le département de la Somme, le clocheteur ou recommandeur des Morts- exerçait encore son office. On a conservé sa clochette qui porte la mention Buivante : Ceste clochette est faicte des biens de l'Hostel-Dieu, pour les habitans de la ville de Poix; et me fondit Adrien Munier 1582. »

Le >• crieur des défunts » était toujours un vieillard, déjà courbé

vers la tombe, revêtu d'une tunique noire ornée de larmes, de

s de mort et d'ossements blancs; il marchait lentement

dans les faubourgs, répétant d'une voix cassée et lamentable

ce lugubre appel :

Il •'veillez-vous, gens qui dormez!

Priez Dieu pour les trépass Pensez à la mort! pensez à la mort!

La fonction était répartie entre divers quartiers et remplie par plusieurs agents.

Le Registre consulaire du 28 avril l.">17 nous apprend qu'A Genève, un clocheteur remplissait son service un jour par semaine : « Parce que c'est chose pieuse de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, on permet à maître Antoine de le proclamer la nuit, par la ville les lundis, à une heure après minuit, selon sa requête. »

Aux obsèques des rois, les clocheteurs de Paris se réunissaient en un seul groupe.

Lors de celles de François Ier, en 15 '+7, les vingt-quatre crieurs de Paris, portant tous les armoiries de France, accompagnèrent le cercueil en répétant à haute voix : « Priez Dieu pour l'âme du très haut, très puissant et très magnanime François, par la grâce de Dieu, Roi de France très chrétien, premier de ce nom , prince clément, père des arts et des sciences. »

A Paris, sous Louis XIV, le clocheteur, précédant les convois funèbres, exerçait ses fonctions, même en plein jour. Cette coutume, peu compatible avec les habitudes d'une ville populeuse, tomba en désuétude1.

Une méprise, souvent renouvelée quand on parle de l'histoire ecclésiastique de l'ancienne France, consiste à regarder comme émanant de l'Église seule, tout règlement, toute disposition relative aux choses religieuses. Or, c'est, au contraire, l'immixtion des pouvoirs civil et judiciaire dans le domaine sacré, qui est chose assez habituelle dans la France de nos pères.

Tantôt un régent de France ordonne au bailli du Vermandois de contraindre les excommuniés à se faire absoudre2...

Tantôt , par arrêt motivé , le Parlement de Paris statue sur l'authenticité d'une relique, telle que le chef de saint Denys Faréopagite3...

C'est par autant d'Ordonnances royales que processions, jeûnes publics, repos dominical, sonneries des cloches étaient réglementés : ainsi la coutume de sonner, dans la capitale, l'Angélus à midi fut établie par Louis XI4...

Des arrêts de Parlement condamnèrent des individus à suivre la procession, en chemise , une morue portée en sautoir, pour les punir d'avoir mis en vente de la viande, un jour maigre...

Les autorités laïques entraient même dans les détails intimes de la vie religieuse : un jour la Cour, sur la réquisition du procureur général, informa contre les religieuses de l'Annonciade

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