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A ce commandement, les soldats se découvrent. Après quelques instants (le temps de dire un pater), l'officier commande : Couvrez-vous du casque l ; » puis les hommes rentrent au poste.
Ainsi, la prière ne se fait pas à haute voix, mais le signal et le commandement de la prière sont donnés matin et soir. Sans imposer une formule confessionnelle, on convie le soldat à songer un instant au Dieu des armées.
La pensée est aussi politique que religieuse, car l'expérience prouve que l'idée de néant ne saurait enfanter de héros. « S'il n'y a point de Dieu, a écrit J.-J. Rousseau, avec cette vigueur qui lui est propre, je ne connais qu'un sot : celui qui se sacrifie pour les autres. »
En France, c'est dans la marine seulement que l'on peut retrouver le souvenir de traditions analogues. « A bord, le moment de la prière du soir est le plus solennel; et à la voix de l'officier de quart qui commande : « La prière ! » tout le monde se porte sur l'arrière du navire. Les hommes, parfois 7 ou 800, se découvrent à la fois, tournés vers l'aumônier; et, sur ce vaisseau perdu sur l'imposante immensité, on n'entend plus que le grondement de l'hélice, la voix du prêtre, et les murmures du vent. Pour nous, nous n'avons vu qu'une fois un soldat, esprit fort , rire et grimacer pendant cette minute imposante : il fut immédiatement saisi par ses camarades indignés de cet outrage2. »
Appendice. — Bien des fois, la philosophie a pompeusement annoncé son intention de se substituer à la religion. Mais, contradiction piquante ! chaque fois que cette prétendue philosophie a été mise à même d'inaugurer son règne , et d'en venir à l'application de ses conceptions abstruses et de ses théories chimériques, son impuissance radicale à remplacer la foi dans le cœur humain a été si vite reconnue , que force a été aux soi-disant incrédules d'imaginer des dogmes, d'inventer un culte, en un