Dr Bernard de Cannes
L'ADORATION DANS I,i:s Kl-.I.Ki loNs CIIKl TIENNES. 201
mot de fabriquer de sottes religions, inférieures même à celles des non-civilisés qui, elles, du moins, ont L'avantage d'être sincères.
Est-il rien île plus imprévu que de voir des religions forgées de toutes pièces par des hommes, qui s'insurgent contre ce qu'ils appellent L'asservissement desdogmes!
C'est le ras cependant de maintes sectes, plus ou moins philosophiques, dans lesquelles on peut ranger le culte de la liaison vers la fin de la première République, les catéchismes et les offices dits républicains, les théophilanthropes de l'époque du Directoire, les saint-simoniens , les fouriéristes, les positivistes d'Auguste Comte, les Mormons, les francs-maçons...
La Convention, espérant constituer une société nouvelle, grâce aux jeunes générations, voulut avoir un Credo, un catéchisme et une morale, aussi laïques que possible.
La croyance à l'Être Suprême, prônée par Robespierre, était le seul article de foi enseigné dans les écoles publiques.
Parmi les chants scolaires, se trouve la chanson contre l'athéisme, à peine connue de nos jours1. Voici quelques-uns des couplets de cette poésie idyllique, qui se chantait sur l'air d'une romance sentimentale2.
De nos jours, à n'en point douter, elle serait qualifiée d'élucuhration cléricale, car elle constitue, à tout prendre, un acte de foi au Créateur :
Il se peut qu'un républicain, Egaré par un vain sophisme, Se penche, sans mauvais dessein, Sur le gouffre de l'athéisme.
Mais la raison doit lui crier, Pour le remettre en équilibre :
« Tu n'es pas libre d'oublier Celui qui t'a fait naître libre!
Incrédules, qui voudriez
Voir l'Être Suprême et l'entendre,