‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 145 sur 285 · Histoire des Girondins, 1. LU, xx i · texte numérisé non relu

Histoire des Girondins, 1. LU, xx i

HISTOIUE DES 0ROYAVCE3. — 1. 14

que la Raison. Je viens vous en offrir la plus belle et la plus pure image. »

Appliqué à la vile créature qui jouait ce rôle, le mot « pure » fît sourire...

Néanmoins, le Président et la Convention s'inclinèrent respectueusement devant cette idole1.

La profanation devait encore aller plus loin.

Le 20 décembre, le même Chaumctte ayant employé la menace pour vaincre la répugnance de MUe Maillard, actrice célèbre de l'époque, l'obligea, on le sait, à figurer comme divinité du peuple2. Portée sur un palanquin, elle entra à Notre-Dame de Paris et fut placée sur l'autel central. Derrière elle, brûlait une torche immense signifiant le flambeau de la Philosophie.

Le même jour, le sacrilège était renouvelé à Saint-Sulpice. Cette fois le rôle fut tenu par la femme de Momoro, l'imprimeur du club des Cordeliers; mais cette infortunée, aussi pudique que pieuse, dit-on, pleura de douleur et faillit mourir de honte sur l'autel ainsi profané.

Le cynisme de Chaumette ne le rendit point plus populaire, et le 13 avril Robespierre le fît décapiter sur la place de la Révolution.

Douze jours s'étaient à peine écoulés depuis l'exécution de Chaumette, que Robespierre montait à la tribune de la Convention et provoquait un autre décret3.

Ce décret porte : « Art. 1er : Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême et V immortalité de l'âme... — Art. 15 : Il sera célébré, le 20 prairial prochain, une fête en l'honneur de l'Être suprême. »

Aussitôt, on effaça du fronton des édifices publics les mots : « A la Raison ! » pour les remplacer par : « A l'Être suprême ! » La fête du 20 prairial eut lieu d'après le programme rédigé par le peintre David, où tout était réglé d'avance, même les moments où le peuple devait faire entendre des cris d'allégresse!

1. Le Moniteur du 13 novembre constate que le Président et les sectaires de l'Assemblée vinrent embrasser l'héroïne de la fête.

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