Ou mantique. du grec mantis , devin
étranges ou des conjurations ténébreuses..., tout a été interrogé avec ardeur et ténacité.
Oui, l'être contingent ne pouvant avoir la raison des choses que le Créateur s'est réservées, et se résignant mal à s'avouer l'infirmité de sa très courte vue, a semé partout sur ses pas, et autour de lui aussi bien que dans son esprit, les superstitions les plus extravagantes1, pour donner à son orgueil l'illusion de l'omniscience, au lieu de dire humblement avec xXewton : « Je ne sais pas. »
Comme elle est toujours vraie cette prime histoire de l'homme, rêvant d'entrer en partage avec l'Intelligence divine, et n'hésitant point à mordre au fruit décevant qui devait, espérait-il, lui donner science infuse et prescience plénière!
Même quand les mythologies sont réfractaires à l'idée de création proprement dite, elles rattachent cependant à des origines divines, Esprits, hommes, animaux, objets et phénomènes quelconques.
En effet, une notion commune aux Aryas de l'Inde et aux hommes à peau noire ou à peau rouge, voulait que toute chose fût un morceau d'un être surnaturel. Le Rig-Véda2 va jusqu'à nommer l'entité de Purusha, dont tous les corps ne seraient que le démembrement.
De même, dans le récit chaldéen, le ciel et la terre sont les morceaux d'Omorca. Chez les anciens Iroquois de l'Amérique du Nord on disait aussi que les éléments de la nature avaient été tirés du géant Chokanipok; enfin en Egypte Set et Osiris, et en Grèce Dionysios Zagreusont servi à la création des plantes, des pierres, des métaux...
N'y a-t-il pas là une confirmation, incomplète, soit! mais très saisissante de cette notion primordiale qui, poussée à l'excès, aboutit au panthéisme : Celui qui a créé toutes choses doit être en tout lieu.
Cependant, de ce que Dieu est partout, a dit Lamartine, il n'en faut point conclure qu'il soit en tout.
1. Superstition, vient de superstare, synonyme de supzresse, être en excès : c'est une déviation, ou une superfétation de l'idée religieuse.