‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 154 sur 285 · Rig-Véda-Sanhita, hymne 90, liv. X · texte numérisé non relu

Rig-Véda-Sanhita, hymne 90, liv. X

i. BUB LES SUPERSTITIONS. 221

Si nous envisageons L'univers, non plus dans son ensemble, mais dans ses éléments constitutifs, nous verrons que tous les peuples, en dépit d'imaginations très différentes, vont encore rattacher les origines cosmogoniques à des principes divins.

Ainsi pour les Aryas comme pour les indigènesde La Nouvelle- Zélande, le Giel[ était réputé être L'époux de la Terre et, comme elle, avoir été autrefois une personne réelle, jouissant de sentiment et de volonté.

Au temps d'Homère, si Zeus n'est plus le ciel même personnifié, il est tout au moins La grande puissance céleste gouvernant vents, nuages et tempêtes, éclipses, éclairs et tonnerre, une sorte de dieu météorologique.

Tout phénomène naturel étant attribué par les Anciens à une cause surnaturelle, on voit que L'idée superstitieuse germait à chaque pas. suscitée par n'importe quelle manifestation frappant us de l'homme.

Aussi oserons-nous avancer cette proposition qui, d'un mot, éclairera ces pages : la physique a fait jadis partie de la métaphysique des peuples; autrement dit : les causes secondes, comme les appellent les philosophies, se confondaient alors dans la notion mal définie de la Cause Première.

La splendeur du soleil, entre tous les astres, devait attirer les hommages : nous ne reviendrons pas sur tous les mythes qui s'y rattachent, soit qu'on l'ait pris pour la divinité même, pour « son œil étincelant », ou seulement pour un divin attribut.

De même, la lune, flambeau aux molles clartés, passait très ordinairement pour être l'épouse du soleil. Quelquefois cependant, comme chez les Esquimaux, on la disait son frère.

Les changements et les taches de La lune ont donné lieu à des explications si fantastiques, qu'on hésite à les signaler, en dépit de la sincérité des auteurs qui les relatent. Ainsi autrefois, au Mexique et au Thibet, on trouvait que ces taches avaient la forme d'un lièvre géant qui habitait l'astre des nuits. Pour les

1. I>>jaus pour les Aryens (ce mot signifie le Brillant en sanscrit); pour les Grecs 0 ura nos.

Khasias de l'Himalaya, si la lune a des taches, c'est parce que « sa belle-mère lui jeta un jour des cendres en plein visage » : nous citons l'auteur1.

Ailleurs, la légende raconte que si la lune décroit ou se cache, c'est parce qu'elle a peur de son époux.

Jl n'est pas de phénomène naturel qui n'ait motivé un roman.

Aux Caraïbes ^, un tremblement de terre est-il ressenti? Tout le monde se met à danser, « les enfants devant faire comme leur mère » ; la danse d'ailleurs figure comme rite sacré. Pendant les éclipses, hommes, femmes et enfants se livrent à un tapage étourdissant pour éloigner les génies méchants qui veulent « faire mourir la lune » .

Dans l'ancien Mexique, on enseignait que tout enfant né un jour d'éclipsé était condamné à devenir souris.

Du moment que le soleil et la lune passaient pour mari et femme, il était logique de leur donner une nombreuse progéniture : les étoiles du firmament.

Cependant, il y a des variantes : pour maint peuple, les étoiles sont l'habitacle de divinités secondaires ou de héros métamorphosés; cette manière de voir se rencontre dans l'Egypte et l'Inde anciennes, en Perse et en Grèce, aussi bien que chez les Esquimaux, les Boschimans et les Australiens.

L'apparition des astres exceptionnels, appelés comètes, fut souvent considérée comme un signe menaçant; et cette croyance s'étendit même à tous les rangs de la société. On sait les terreurs de Louis le Débonnaire, aussi bien que celles ressenties plus tard par les savants en 1453, l'apparition d'une comète ayant coïncidé avec l'invasion des Turcs. En 1680, le savant Bayle, qui ne compte pas parmi les crédules, écrivit tout un volume intitulé : « Pensées de Bayle sur la comète ».

Quel fut le fondement des superstitions astrologiques?

Voici la raison qu'on en peut donner.

Presque toutes les histoires cosmogoniques subdivisent l'uni-

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