‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 159 sur 285 · II · texte numérisé non relu

II

La divination par les cartes est un souvenir de l'ancienne astrologie.

Les soi-disant devins et devineresses de notre temps se servent d'un jeu de 78 cartes appelé tarot, permettant un nombre prodigieux de combinaisons et de rencontres. Vingt-deux cartes portent les figures symboliques les plus différentes : empereur ou papesse, lune ou soleil, diable ou pendu. Les figures, les points des cartes ont leur signification : l'as est un début; le deux une opposition; le trois la réalisation d'un projet...

Les cartes du tarot divinatoire ont aussi des noms particuliers : le trèfle s'appelle bâtons; le cœur coupes; le pique êpées, et le carreau deniers.

Le tarot passe pour être une astrologie simplifiée, rappelant les révolutions célestes : au lieu de lire les astres, on lit les cartes.

Ces deux lectures se valent comme efficacité, avec toutefois cette différence, que la bonne foi des tireuses de cartes est, à notre époque, inadmissible.

La cartomancie n'est pas seulement du charlatanisme, mais une escroquerie qualifiée.

On a remarqué avec raison que la superstition est très conciliable avec la négation religieuse la plus systématique. Ainsi, tel qui affecte de mépriser la puissance divine ira interroger une Bohémienne sordide : « On est bien près de tout croire, quand on ne croit rien! On a des devins, quand on n'a plus de prophètes; des sortilèges, quand on renonce aux cérémonies religieuses; et l'on ouvre les antres des sorciers quand on ferme les temples du Seigneur1. »

Et ce n'est pas seulement dans nos faubourgs qu'opèrent les diseurs de bonne aventure. Sur la Côte des Esclaves, après Obatala et Odudua, Ifa est l'un des fétiches le plus invoqués, surtout en vue de connaître l'avenir. Pour cela, dit un missionnaire 2, on

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