‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 182 sur 285 · IK-rauts d'armes chargés de déclarer la guerre · texte numérisé non relu

IK-rauts d'armes chargés de déclarer la guerre

obligea Fabius Maximus à abdiquer la dictature, et Flaminiusà renoncer au commandement de la cavalerie1.

On portait les lois, on décidait des traités de paix d'après le bêlement d'un mouton ou les allures d'un chevreau : Annibal pressant le roi Prusias de livrer bataille aux Romains, celui-ci s'en excusa, disant que les victimes s'y opposaient : * C'est-à-dire, reprit Annibal, que vous préférez l'avis d'un mouton à celui d'un vieux général. »

Quelques Romains éclairés n'ajoutaient point foi à la signification augurale : on connaît le mot de Caton, répété par Cicéron2 : « Je ne sais comment deux augures peuvent se regarder sans rire. »

Et cependant Cicéron remplissait officiellement la fonction, objet de ses plaisanteries.

On sourit à la pensée de l'orateur romain prenant un bain, selon les rites, et mangeant le cœur et le foie d'un vautour ou d'un corbeau, avant de monter, tête voilée, sur une éminence pour formuler, d'après le vol des oiseaux, des augures auxquels il ne croyait pas !

A un Romain qui était venu, fort effrayé, lui raconter que la nuit précédente, des souris avaient rongé ses souliers, Caton donna une réponse qui a été traduite dans les vers suivants :

Mon ami, dit Caton, reprenez vos esprits : Cet accident, en soi, n'a rien d'épouvantable. Mais, si votre soulier eût mangé les souris, C'aurait été sans doute un prodige effroyable.

Il n'en est pas moins vrai que la généralité des Romains, même ceux dont l'esprit était le plus distingué : Virgile, Horace, Tacite, Pline le Jeune, ont témoigné, en mainte occasion, de leur respect pour les augures.

Ces superstitions ont souvent rendu les Romains féroces et sanguinaires : le sang humain n'était même pas épargné en certaines circonstances. Pline rapporte que, de son temps, on

Page 1