Brough Smyth, I, 47ï
dont la forme ressemble un peu au crocodile; l'aigle garuda qui dévore les hommes...
Une des plus originales superstitions de l'Hindoustan est la suivante : les fils pieux mettent dans le voisinage immédiat de leurs parents moribonds une vache, pour qu'au moment du dernier 60upir, l'âme passe plus facilement dans le corps de cet animal, objet d'une grande vénération. Nous en reparlerons au livre quatrième.
Comme on peut le voir dans les Civilisations primitives i9 les nègres ont un culte pour les serpents, qui leur servent à découvrir les individus soupçonnés de maléfices, et aussi pour les singes. Ces derniers passent pour être des humains, dégradés en punition de quelque méfait. Ils pourraient parler et sortir de leur déchéance, dit le Nègre, mais ils s'en gardent bien, dans la crainte qu'on ne les force à travailler comme des esclaves : « Li malin , li pas parler, pour li pas travailler. »
Ainsi, les singes redouteraient d'être traités comme des nègres! L'idée est piquante.
Les mythes iroquois et algonquins attribuent une puissance merveilleuse au Grand-Lièvre2 dans lequel, disent-ils, il ne faut voir que le symbole de la lumière, « Dieu rapide » auquel on a cru, de la côte de l'Atlantique à la Caroline du Sud, et jusqu'à la baie d'Hudson.
De même en Egypte , le lièvre était une amulette favorite, destinée à se rendre propice le gardien du séjour des morts; et il existe , dans les collections , des figures de divinités ayant pour chef une tête de lièvre.
A la Nouvelle-Calédonie le lézard, et chez les Zoulous le serpent, sont respectés, car « l'esprit d'un parent s'y est peut-être réfugié ».
A Batavia3, à Macassar et chez les Alfouros, on admet même que l'on pourrait avoir pour frère jumeau un petit crocodile.
Comme beaucoup de non-civilisés, le Cafre est persuadé qu'on