‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 188 sur 285 · M. Lenormant · texte numérisé non relu

M. Lenormant

Il semble que l'Egypte actuelle n'a point répudié ces idées : « Encore aujourd'hui, écrit M. Anielineau, les Égyptiennes n'ont rien de plus pressé, lorsqu'elles ont mal aux dents, que d'aller enfoncer un clou dans un palmier, que l'usage a consacré pour ce remède peu coûteux. »

Le R. P. Baron, des Missions africaines, raconte qu'il a vu près de Zifté un arbre superstitieux, tout couvert de mèches de cheveux, de cordes, de rubans et de morceaux d'habits fixés par de gros clous.

Les personnes qui souffrent du mal de dents, s'engagent, si l'extraction leur ôte la douleur, à porter la molaire extirpée à l'arbre du Cheikh Charaf ed-Din, où elles l'enfoncent sous l'écorce1.

Beaucoup d'arbres et de fleurs occupaient, en Grèce, une place dans les rituels d'Apollon : le cyprès, Y hyacinthe, le laurier. Ce dernier, racontait-on, n'était autre qu'une jeune fille transformée en arbre pour échapper aux poursuites du dieu-soleil. Tous les mythes de ce genre ont une origine aussi fantaisiste.

On sait que la baguette est l'instrument du merveilleux dans les contes de fées et dans les histoires de sorciers.

Or, l'emploi débranches, tiges, bâtonnets, roseaux et baguettes pour interroger le sort, est d'un usage aussi ancien que général, en dépit de variantes nombreuses. Dans Ézéchiel, nous voyons que Nabuchodonosor use de ce procédé pour savoir à quel ennemi il devra s'attaquer tout d'abord.

En Assyrie, la flèche divinatoire était lancée avec un arc puissant; et la direction que prenait le trait, la distance qu'il parcourait, la place où il touchait le sol, correspondaient à autant de réponses.

D'autres fois, on tirait des présages de la manière dont une flèche ou un dard restait fiché dans une souche ou un poteau.

Au temps de Pline, et encore plusieurs siècles après lui, par YAxinomancie2, épreuve de la hache ou de la cognée, on prétendait découvrir les voleurs et les meurtriers. On lançait dans

1. La mîss. de Saint-Pierre de Zifté (Egypte), M. cath. 1888-1889.

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