‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 19 sur 285 · CULTE DES ESPRITS CH] M - NON-CIVILISES. L · texte numérisé non relu

CULTE DES ESPRITS CH] M - NON-CIVILISES. L

dans de petites idoles, et régis par une divinité maîtresse donl dous parlerons bientôt. A leur point de vue, toute maladie (Mail causée par un méchant chemi. que Les sorciers boutios) prétendaient évincer par d'habiles pratiques; et, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, l'insulaire des Antilles, lut-il en pleine santé, n recourait aux plus énergiques vomitifs, pour chasser les esprits malins qui auraient pu s'être logés dans les profondeurs de son être. »

Chez les Caraïbes1, il n'y avait point de temples; néanmoins, bien loin d'être matérialistes comme on l'a soutenu, ils admettaient L'existence simultanée de trois âmes dans le même homme : celle des bras, celle de la tête et celle du cœur. Cette dernière était l'a me supérieure et bonne, et comme telle devenait, par delà le tombeau, un bon génie ou Poyé habitant de célestes régions.

N'y a-t-il point là une philosophie étonnante? Pour eux. l'aine vraie, celle qui domine la Force du bras et l'Intelligence de la tète, c'est l'àme du sentiment, celle du cœur : une l'ois dégagée des organes matériels, elle grandit, s'élève et s'améliore.

Les esprits divins sont, comme ceux des défunts, très nombreux dans la tribu des Botocoudos 2, chez laquelle le prince de Wied a nettement reconnu une religion, longtemps contestée. Les lutins et messagers supérieurs portent les noms de Youroupari, Gouroupiras, Apoyacues, tandis que Y Esprit-Premier a pour nom Toupan.

Si les Océaniens sont restés si longtemps en dehors de la civilisation, tant que le christianisme n'y a point été connu, c'est surtout en raison de leur situation géographique, qui les place dans des conditions de vie particulières.

Chose remarquable! seules entre toutes, les terres de ce vaste

1. Les Caraïbes étaient les peuplades qui habitaient les Antilles et les côtes voisines de l'Amérique, quand on l'a découverte.

2. Tribu habitant les forêts vierge- du Brésil. Leur nom viendrait de disques appe-

. qu'ils insèrent dans leurs luvres et leurs oreilles en leur donnant un développement énorme.

archipel semblent être encore aux Ages des transformations géologiques : le relief des îles se modifie, en effet, tantôt par des soulèvements volcaniques, tantôt par des dépressions inexpliquées; à tel point que les navigateurs ont grand'peine parfois à se reconnaître au milieu de ces groupes à peine classés, et à lire les cartes marines pleines d'incertitudes, malgré d'incessantes rectifications.

Ces changements du relief du sol, mieux étudiés, apporteront peut-être un jour une contribution précieuse, pour la solution scientifique du grand problème de V unité de l'espèce humaine.

En tout cas on peut affirmer, du moins pour la Polynésie, que les divers groupes humains étaient unis par un lien religieux, dénotant des idées très semblables. Ce monde insulaire croyait aux petits dieux individuels ou tikis, qui n'excluaient en rien l'idée d'un tiki transcendant. Entre les deux, se plaçaient de grandes divinités naturistes1 : les étoiles, la mer, les vents, les sources, le ciel, le soleil, personnifiés comme chez les Grecs et les Romains. Les tikis familiers prenant d'ordinaire l'aspect d'un animal, rappellent les totems des Américains.

Les âmes des défunts, essences immortelles, habitaient une demeure placée au delà des mers, vers Y ouest : direction constamment indiquée par les Polynésiens, comme étant celle d'où sont venus leurs ancêtres, et celle aussi où doivent retourner les morts...

Aux îles Samoa, l'absence de funérailles était un malheur redouté. En pareil cas, les parents étendaient une natte sur le sol, (a et conjuraient les Dieux de leur renvoyer l'âme du défunt pour quelques instants, afin qu'ils pussent lui rendre les derniers devoirs. »

Alors, si un insecte, fourmi ou sauterelle, venait à passer sur la natte, c'était l'àme errante qui avait pris cette forme, et on enterrait respectueusement la petite bête avec toutes les cérémonies requises2.

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