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CULTE LITS CHEZ LES N< »N-ci VlLlsi.s. 21
En Mélanésie, outre Les Esprits proprement dits, od vénérait des idoles domestiques, Korwar, représentées par des têtes de jtuni ^ enfants , séchées devant un brasier.
En Micronésie, le culte des Antis s'adressait surtout aux esprits des ancêtres, dont on collectionnait précieusement les crânes, siège respectable de l'Ame. »
Au-dessous du Grand Dieu, dont nous parlerons, les Australiens ont des divinités de second ordre, puis des « ingnas » ou lutins. Les temples sont remplacés par des lieux sacrés, où l'on célèbre un culte consistant en offrandes, en fêtes et en danses pieuses. (Iliaque famille a un animal, Kobong, dans lequel s'enferme L'esprit du foyer.
a Madagascar1 L'indigène, au lieu d'être réfractaire à tout spiritualisme comme on l'a écrit, s'estime doué de deux âmes au lieu d'une : une âme terrestre (saina), qui s'évanouit avec la mort, et une âme immortelle (matoatoa) , la première n'étant peut-être qu'une appellation de l'intelligence proprement dite, comme nous en avons eu l'exemple pour les trois Ames caraïbes.
Si enfin nous passons dans les régions boréales, que trouvonsnous?
La mythologie de la Finlande païenne, outre le Grand-Pèredes-Dieux, vénère des puissances célestes, terrestres ou souterraines, dont les sentiments pour l'humanité suivent une progression descendante, depuis la bonté paternelle jusqu'à l'inimitié jalouse. Dans l'empire du Piuton finnois, Tuoni, les Ames triomphent du néant; les sorciers ou shamans sont censés correspondre avec le monde des ombres, et négocier avec elles au nom des survivants.
Les peuples finno-tartares respectent aussi des génies appelés Haltiaset Tadebeyos, qui font élection de domicile dans les objets naturels les plus ordinaires. « Si le beurre se fait à merveille dans la baratte, ou au contraire s'il réussit mal sous la main de la ménagère; si la semence lève ou se dessèche; si le lin se dévide â souhait ou s'embrouille..., le succès ou le maléfice sont attribués à ces sortes de lutins spéciaux2. »
].M. Réville.
La crédulité docile des Finnois, très impressionnables aux récits des sorciers, s'abandonne à ces rêves pleins de mystérieuses chimères.
Nous voici arrivés à la fin de cette première revue des croyances, chez les peuples non civilisés l.
Or partout, en dépit des aberrations les plus folles ou de l'ignorance la plus grossière , nous avons rencontré une aspiration métaphysique souvent confuse, mais toujours résolue, c'està-dire une foi robuste en l'intervention de Puissances surhumaines; et en même temps la ferme croyance à une àme victorieuse de la mort, et dont l'essence impérissable défie les morsures du temps et les décompositions du tombeau.
L humanité est donc spiritualiste .
Enregistrons avec soin ce premier témoignage universel; et, entrant plus avant dans notre étude, demandons à une enquête nouvelle si, au-dessus même de ces multiples Esprits de rang secondaire, ne plane point la notion transcendante et non moins universelle d'un grand-esprit, désigné sous les vocables les plus divers.
1. L'idée d'entités plus ou moins surnaturelles se rencontre à tous les âges et chez tous les jDeuples, sous les noms d'ombres, mânes, fantômes, spectres, vampire-, démons, rakchâsas de l'Inde, banshees et pookas de l'Irlande, ghosts et goblins des Anglais, fées,