‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 195 sur 285 · xi · texte numérisé non relu

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résolus à échapper à L' Antéchrist par le tombeau; et ces victimes spontanées ' se barricadaient dans des enceintes pour n'être point dérangées durant leur sacrifice... 11 y eut maintes fois «le ces autodafés comptant cent, <it même deux cents personnes à la

fois2. 0

Ce n'est guère que sous le règne d'Alexandre lll \ que de semblables fureurs disparurent presque complètement de L'Empire des Tsars. Toutefois la mort rouge, ou baptême de sang, se pratique encore quelquefois par des parents mystiques qui, oubliant que la vie est un combat, désirent arracher leur progéniture h aux séductions du prince des ténèbres ».

Parmi les hérésies nées du schisme du xvne siècle, on compte encore en Russie les muets*, vers le bas Volga, qui s'imposent un silence en quelque sorte absolu, comme condition du salut éternel : ce qui explique suffisamment pourquoi leurs doctrines sont si peu connues. On cite des procès dans lesquels les juges allèrent jusqu'à faire bàtonner des silencieux cités en justice, sans pouvoir cependant leur arracher une seule parole, ni aveu, ni témoignage5.

Les nirurs enseignent que depuis le prélat Nikon0 « il n'y a plus rien de sacré sur la terre », et, reniant tout culte, s'adressent directement au Christ dans des rites à leur convenance : aussi s'institulent-ils « les confrères du Sauveur ».

A coté des sectes nées du christianisme byzantin, des hérésies étrangères dominent encore en divers endroits. Parmi les mystiques de cette dernière catégorie se trouvent les Khlysty, flagellants ou fouctteurs, qui croient que le Christ se perpétue actuellement sur la terre, par une sorte de substitution de vie. De là pour eux, une série de christs se succédant de génération en

1. Samosojigateli ou brûleurs d'eux-mêmes. & L'emp. des tsars, III.

3. En 1883, on trouve encore plusieurs exemples de ce fanatisme, notamment un paysan Joukof qui se brûla tout vif, et chanta des cantiques, jusqu'à complète suffocation, dans le brasier horrible qui consumait ses chairs.

4. MoUckcUniiij bezdovestui, ou, d'aprus M. Lang, morelstchiki .

5. Sous Alexandre II des « silencieux )> préférèrent être condamnés à la déportation,

que de répondre aux questions du tribunal de Saratof. Loc. cit., III, 450. »:. De 1605 à 1681.

génération; aussi plusieurs espèrent-ils devenir christs par leur sainteté, l'être humain pouvant être « divinisé », pensent-ils, comme le fils de Dieu s'est « humanisé ».

« Il y a ainsi, parmi les khlysty, des multitudes de christs prétendus et de mères de Dieu1, et quantité de prophètes et prophétesses2 ». Chez « les hommes de Dieu », selon le terme dont ils se désignent, l'office religieux comprend une danse circulaire que nous décrirons ailleurs, ronde affolée et tournoiement vertigineux destiné à préparer l'extase des fidèles, comme font aussi les derviches musulmans et les adeptes des shakers d'Amérique.

Une autre secte était celle des sauteurs ou skakouni qui, au lieu de tourner en rond, sautaient jusqu'à épuisement pour se procurer l'excitation nécessaire. « Le chef de la secte commençait par entonner un cantique d'une voix lente, puis pressait la mesure et accélérait le rythme; ensuite, tout à coup, il se mettait à bondir, et les assistants l'imitaient en chantant. Alors chants et sauts devenaient de plus en plus rapides; et c'était à qui, des hommes et des femmes, exprimerait son enthousiasme par les cris les plus aigus et les bonds les plus hauts3. »

Un des préceptes des sauteurs était une sobriété excessive. Cela se comprend , leurs pieuses clowneries exigeant une agilité exceptionnelle.

VII. Quelques mots sur la magie et les idées superstitieuses qui s'y rattachent.

Rompant avec une tradition générale en quelque sorte, nous avons détaché l'astrologie et l'alchimie, des sciences occultes où figure à bon droit la magie.

Aussi, nous bornant à rappeler les raisons que nous avons données de cette distinction, nous dirons : l'astrologie et l'alchimie s'appuyaient (sinon certes dans leur application, du moins dans leur point de départ) sur des remarques astronomiques et des expériences de chimie.

Tout au contraire, la magie, en dépit de certaines confusions

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