‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 196 sur 285 · Id., III · texte numérisé non relu

Id., III

T.TK sur LES BUPERBTITIONa 283

iyec L'astrologie, n'en demeure pas moins L'expression complète de L'occultisme, qui se targue d'opérer des merveilles par des moyens secrets, en dehors de La science humaine e1 de L'action di\ ine.

Allons pins loin.

Les chimères de La divination ont pu se concilier jadis avec une certaine sincérité de la part dos adeptes, qui, uaïvement, croyaient à une relation possible entre les astres et La destinée. Tandis que la magie, elle, n'a jamais été, dans La pensée de ceux qui s'v vouaient, qu'une œuvre condamnable en toul cas, c'estràdire un commerce réel ou supposé avec des esprits et des forces qualifiées « rivales de Dieu », en vue de produire des effets surnaturels.

Et, quand ces procédés se proposent de terrifier ou de nuire, ils portent le nom de sorcellerie.

A cet égard, les peuples ont professé un sentiment commun : tout individu qui s'entremettait pour réaliser des prodiges dans le mal, a été considéré comme étant un suppôt redoutable des esprits infernaux.

Dira-t-on que, grâce au progrès, on démontrera peut-être que certains faits, autrefois qualifiés magiques, ne sont, atout prendre, que des phénomènes d'ordre scientifique1, alors mal compris ou même inconnus?

Nous l'admettons.

Mais l'homme du moyen âge qui avait recours aux maléfices et aux sortilèges, n'attribuait pas la vertu de ses œuvres à une cause physique ni à la volonté divine : c'est aux puissances sataniques que la magie noire n'hésitait pas à reporter l'honneur des merveilles dont elle se prévalait.

N'a-t-il point trouvé l'explication vraie, ce théologien que nous entendîmes un jour formuler l'opinion suivante, bien suggestive pour les philosophes : « Dieu seul, maître des lois qu'il a posées, peut faire des miracles. L'esprit du mal au contraire. ne peut opérer que des prodiges, c'est-à-dire utiliser des forces naturelles encore ignorées de l'homme. »

1. Nous faisons allusion aux expériences récentes d'extériorisation de la sensibilité' d'hypnotisme, etc..

Il suffit d'avoir eu sous les yeux les abominables livres des magiciens, pour s'expliquer les prohibitions de 1 Église en ce qui concerne tout ce qui, de près ou de loin, se rattache à la magie et à la sorcellerie. Un concile tenu à Tours en 873, un autre à Auxerre en 1525, défendent toute opération de ce genre, qu'on la juge réalisable ou non.

Le dilemme est bien le suivant : s'il y a un fait surnaturel en dehors du concours du ciel, ce ne peut être qu'oeuvre des ténèbres; et si, au contraire, il n'y a point prodige véritable, c'est duperie. En tout cas, il y a trouble possible pour la raison, et trouble certain pour les consciences.

Éclairé par les observations qui précèdent, nous allons pouvoir préciser en quoi diffèrent le devin, le magicien, le mage et le sorcier.

Tandis que le devin des vieux âges s'efforce d'établir une relation entre la pensée divine et les destinées humaines, grâce à l'observation de signes révélateurs ou réputés tels; le magicien, lui, se présente comme disposant à son gré de puissances mystérieuses, capables de contrarier les lois de la nature par la seule vertu de recettes ou de formules.

Le mage, en dépit de la ressemblance du mot, n'est point le magicien au sens ordinaire. Prêtre de Zoroastre, sa fonction consistait non seulement à observer les astres, mais à étudier la médecine et les sciences naturelles en général : il représentait la caste des savants de Perse.

Quant au sorcier, sorte de prêtre chez les non-civilisés, il n'était, pour l'homme du moyen âge, qu'un magicien méchant, vindicatif.

Enfin, on se gardera de confondre les devins avec les prophètes de l'Ancien Testament. Ceux-ci se réclament, non de leur propre clairvoyance, mais de l'inspiration divine, pour prédire : « Ils ne sont que la voix de Celui qui parle. »

Bien différents sont les devins, qui se vantent de découvrir l'avenir, grâce à leur science mirifique. La distinction est si accentuée dans la Bible, que, d'après les prescriptions de Moïse, le devin devait être puni de mort, comme blasphémateur1.

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