‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 200 sur 285 · il. Ma^pero, Eut. anc, p. 127. Hachette · texte numérisé non relu

il. Ma^pero, Eut. anc, p. 127. Hachette

l'un le grimoire, l'autre un coffret garni d'ingrédients : plantes, argile, chiffons, encres de couleur, figurines de cire ou de terre... Le médecin estime qu'un esprit hostile ronge, la nuit, le patient. Alors, prenant de l'argile et des herbes, il pitrit le tout pour en former une boulette magique, sur laquelle il récite des paroles. Et la protection durera tant que la boule sera portée.

« C'était aussi pour faire sortir du malade l'esprit qui le tourmentait, que l'on pratiquait une petite ouverture au crâne des hommes1 de l'époque néolithique. Cet usage que l'on rencontre dans les sépultures préhistoriques de la France, du Danemark, de la Bohême, de l'Italie, du Portugal, du nord de l'Afrique et des Amériques, est en connexion intime avec l'habitude de ménager une issue dans les tombes égyptiennes, pour permettre à Vàme de sortir et de rentrer auprès du corps2. »

Le sommeil, le rêve, l'évanouissement, les crises nerveuses, sont autant de phénomènes qui ont concouru à faire admettre, par les Égyptiens, l'existence du ka, c'est-à-dire du double humain, qui était susceptible de devenir démon si on profanait son tombeau. « Le ka était un second exemplaire du corps en une matière moins dense que la corporelle, et qui en était la projection », selon la définition de M. Maspero.

Quoique la nécromancie 3, ou divination par les morts, implique une double notion spiritualiste (la croyance à l'âme et en sa puissance), toutefois, par le but poursuivi et les moyens employés, cette pratique confine à celles de la magie même.

Bien différent du chrétien, qui invoque la protection d'âmes purifiées par les épreuves terrestres, le consulteur des morts, lorsqu'il va sur un tombeau pour rechercher des rêves révélateurs ou des hallucinations, n'obéit en cela qu'à un sentiment de téméraire curiosité.

Loin de prier le ciel par l'intermédiaire d'âmes saintes, les évocateurs ont la prétention de surprendre les secrets divins, par des procédés où la piété n'a que faire : la preuve en est dans les moyens suggérés à cet égard par les rites magiques.

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