Nehros en grec, mort
Certains chants de L'Odyssée1 racontent comment Ulysse, après avoir échappé àCircé, évoque les morts au pays Cimmérien, à La suite d'une série de cérémonies, où il fait usage de lait, de \in. de farine et de sang : alors, poursuit l'épopée homérique, accourent de L'Erèbe2 avec un frémissement horrible, femmes, vieillards, (Mitants, et tendres vierges, qui sortent du trou creusé dans le sol par le glaive acéré du jeune héros, et chacun lui raconte ses malheurs...
Les magiciens désireux, et pour cause, de simplifier les choses, enseignèrent que l'évocation des morts pouvait être remplacée par L'apparition des Ombres ou des Génies dans un bassin.
On a découvert les supercheries auxquelles ils avaient recours dans ce dernier cas : au milieu d'une chambre assez obscure dont le plafond était peint de la couleur du ciel, ils plaçaient un vase de pierre, à fond transparent. Dans le plancher, était pratiquée une ouverture; et il suffisait à un compère installé en dessous et déguisé en dieu, en génie ou en ombre, de se livrer au moment de l'évocation à quelque simagrée convenue d'avance, pour que le consultant criât au miracle.
De tous les moyens dits magiques, il n'en est point qui méritent mieux cette qualification que ceux qui consistent à rechercher des prodiges par la seule et unique puissance de paroles dites enchantées, de formules secrètes ou de mots mystérieux.
Ici, la conduite du magicien est aussi éloignée de la prière qui s'adresse au ciel, que de la médication vulgaire qui applique les remèdes naturels.
A titre de spécimens, voici quelques-uns des résultats que ces personnages annonçaient obtenir selon leur bon plaisir, (iràce à des paroles magiques d'une complète ineptie, ou du moins dénuées de sens apparent, ils s'attribuaient le pouvoir de :
— Supprimer les conséquences de la morsure d un chien, en avalant du pain portant inscrit : izioni kirioni, ou encore les syllabes hac, pax, max.