Rev. cath.des rev. 1896, III
rÊTB BXJB LES BUPBRSTITIONS. 295
Etant donnés le rôle et l'influence excessive < j u«' Luther accorda aux esprits malins, le Danemark, sous l'influence de la Réforme, devint le pays des sortilèges et de l'astrologie.
Cette dernière prétendue science était enseignée officiellement, en 1537, dans L'Université de Copenhague. Le plus célèbre astronome du pays, Tycho-Brahé, lirait les horoscopes et enseignait en 1Ô7V que « nier la vertu ei l'influence dos étoiles, sérail nier un fait évident pour tous ...
Au xvi* siècle, le Danemark tut bouleversé à la nouvelle que, dans le Sund, ou avait capturé un poisson merveilleux, dont la tête ressemblait à celle d'un moine tonsuré. N'était-ce point simplement un phoque...?
Vers la fin du règne de Frédéric II1, un marin pécha en Norvège un hareng d'un aspect exceptionnel, qui motiva une foule d'écrits, car on avait cru lire sur son dos des lettres latines et des lettres wendes2, contenant un sens mystérieux.
Il parait même que ce poisson portait des excroissances en forme de couronne, ce qui fut l'occasion d'un discours extravagant prononcé en 1588 par un pasteur, appelé Soerensen Vedel, qui s'ingénia à découvrir la signification « de ce hareng miraculeux », ainsi qu'il l'appelait. Des pasteurs du temps s'adonnaient aux sciences occultes, et se vantaient de pouvoir éteindre les incendies, en jetant un coq rouge dans le feu.
On devine que le peuple devait être plus absurde encore! Ainsi, voulait-on voir disparaître les vernies? Il suffisait de les faire toucher à la pierre d'une tombe. S'agissait-il de cors aux pieds? On prétendait s'en débarrasser, à condition de répéter par trois fois la formule suivante, au moment où l'on apprenait la mort d'un ami : « Ainsi mes cors soient-ils également morts. »
La fièvre intermittente se traitait de la manière suivante : on écrivait sur des croûtes de pain neuf mots magiques3, et chaque malin, le malade, à jeun, avalait un mot. Après avoir absorbé la neuvième croûte, il devait avoir recouvré la santé.