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les mensonges môme, employés par tant d'explorateurs sans scrupule, pour faire croire à leur puissance magique, afin d'émerveiller ou de terrifier les indigènes! Et cela est d'autant plus facile , que les découvertes scientifiques modernes suffiraient seules à passer pour autant de prodiges diaboliques, auprès de ces pauvres ignorants.
Quand les Hawaïens qui n'avaient jamais vu d'Européens entendirent l'artillerie de Cook, ils prirent l'explorateur et ses hommes pour autant d'êtres surnaturels : l'avis des prêtres de Hono, dieu de la mer, fut que le visiteur ne pouvait être qu'une divinité errante. Alors les indigènes se prosternèrent devant lui, en lui offrant quantité de fruits et de porcs. On le présenta cérémonieusement aux idoles et, à son tour, on le fit monter sur une sorte d'autel.
Cook s'amusa à les laisser faire, jusqu'au moment où on voulut lui mettre dans la bouche un morceau du porc qu'on avait immolé. Il protesta plus vivement encore « quand il vit que le prêtre, s'imaginant qu'il trouvait le morceau trop dur, le mâcha pour le lui offrir à nouveau, suffisamment broyé ».
Sur la côte des Esclaves, les féticheurs, afin d'empêcher qu'on ne s'établisse à l'endroit qu'ils convoitent, font en terre un trou peu profond, dans lequel ils immolent aux mauvais esprits, soit une poule, soit un autre animal et même une créature humaine1. Une fois le sacrifice terminé, les Noirs déposent la victime, et la recouvrent de terre de manière à former un tumulus rond, au sommet duquel ils placent un pot contenant la nourriture à offrir aux esprits. Ceux-ci, croient-ils, sont alors dûment installés, et surveilleront désormais la porte.
Parmi les mauvais esprits, les Noirs redoutent surtout les Chougoudous : aussi le palais du roi de Porto-Novo est-il sous la haute sauvegarde d'un chougoudou particulier. Pour eux, un esprit trop débonnaire ne saurait être un bon gardien : c'est ainsi que nous choisissons un chien hargneux pour mieux défendre nos vergers.
Leur intention est d'avoir, pour protecteur, un esprit plus fort que celui dont ils craignent les attaques.