‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 207 sur 285 · Le R. P. Baudin, la Guinée · texte numérisé non relu

Le R. P. Baudin, la Guinée

Dr, ils se disent que L'homme, riant supérieur aux autres êtres, devra sortir victorieux de toutes les luttes; et alors, froidement, de galté de cœur, ils massacrent un homme pour obtenir sa force posthume !

Cette Logique abominable ne nous donne-t-elie point la raison de divers actes, Imputés à la seule sauvagerie dos mœurs...?

Que de choses, réputées dénuées de sens, et qui s'expliquent cependant peu à peu, quand on prend la peine de les analyser avec soin, au lieu de sourire en haussant les épaules!

Au Dahomey, la figure do l'Esprit-du-Mal, Elegbâ, se rencontre dans les rues, à chaque pas, sous la forme d'un homme accroupi, les bras allongés sur les genoux; ses mains et ses dents sont figurées grossièrement par des cauris (coquillages), enfoncés dans la boule de terre glaise qui représente sa tète, dette idole est abritée sous une petite natte, formant une toiture que soutiennent de Légers bambous.

On offre à Elegbâ des sacrifices consistant généralement en animaux que Ton égorge en son honneur, tels que canards, poules, pigeons, chiens, etc.. Le sang de la bête est recueilli dans une cal. basse, et on y mélange de l'huile de palme et des plantes auxquelles on attribue certains pouvoirs.

Autrefois, parait-il, les croyants, plus naïfs, laissaient la volaille égorgée devant l'idole; et le lendemain ils croyaient constater, par sa disparition, que le dieu avait accepté et consommé l'offrande. Aujourd'hui on offre seulement le sang et les entrailles, et l'on mange le reste en l'honneur d'Elegbà : c'est plus pratique. « Pourtant, lorsque l'animal n'est pas apprécié (un chien malade, par exemple), on l'abandonne au fétiche. Nous avons vu à Porto-Novo un de ces fétiches qui, pendant deux ans, a conservé suspendu à son cou les cadavres de deux chiens, arrivés à l'état de dessiccation complète. Longtemps il fut impossible de passer dans ion voisinage, à cause de l'odeur insupportable qui s'en exhalait1. »

Certaines sectes de féticheurs, aux Popos, par exemple, attribuent aux restes d'un être humain frappé de la foudre, des vertus surnaturelles.

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